Des parents inquiets ont imploré le Bureau du Réseau express métropolitain (REM) de revenir sur sa décision d'ajouter une période de dynamitage sur le chantier à côté de l'école Saint-Germain d'Outremont pendant les heures de classe. De nouvelles périodes de « sautage », suspendues en février après que les parents eurent exprimé leur préoccupation, pourraient commencer sous peu.

JANIE GOSSELIN LA PRESSE

Une rencontre d'information avec l'équipe du REM a eu lieu hier soir dans le gymnase de l'école. Plusieurs dizaines de personnes s'étaient déplacées pour en savoir plus sur l'avancement du chantier, situé tout près de l'école primaire. Mais aussi pour essayer de comprendre pourquoi une nouvelle période de dynamitage était nécessaire pendant les heures de classe.

« Personne n'est capable de dire qu'il y a un risque zéro, a tonné la productrice Julie Snyder au micro. C'est difficile à concevoir pour les parents. On ne veut pas prendre ce risque pour nos enfants. »

« Je ne m'explique pas pourquoi vous voulez changer la méthode », a pour sa part demandé Florent, père de trois enfants.

Des travaux de dynamitage ont lieu à 7 h et à 19 h depuis l'automne. Or, il n'est plus possible pour les travailleurs d'effectuer le dynamitage aussi tôt le matin depuis la mi-février. La méthode de travail, plus bruyante, a changé en raison de la profondeur actuelle - soit 20 m, ont expliqué les représentants sur place. « C'est impossible de respecter les critères de bruit la nuit », a précisé dans sa présentation Jean-Marc Arbaud, directeur général de CDPQ Infra.

Le Bureau du REM doit également ajouter une plage horaire. Le dynamitage devrait donc se faire à l'intérieur de trois « fenêtres », soit entre 11 h et 11 h 20, entre 19 h et 19 h 30 et entre 21 h et 21 h 30. Au besoin, une quatrième période, de 15 h 30 à 16 h, soit après les heures de classe, pourrait être ajoutée.

Un « avancement »

Le président du conseil d'établissement, Fabrice Desormeaux, estime que c'est un « gros avancement » par rapport à ce qui avait été annoncé en février, alors qu'il n'y avait pas de période fixe pendant les heures de classe, même s'il souhaite davantage.

S'il n'est pas inquiet pour la sécurité des enfants, en raison de la profondeur à laquelle sont exécutés les travaux, ce qui le préoccupe, ce sont « les désagréments, comme la déconcentration, le niveau d'apprentissage ».

À 19 h, pendant la rencontre hier, un dynamitage a eu lieu, durant une trentaine de secondes. Certains parents ont réagi avec une certaine surprise devant le peu d'ampleur du bruit et de la vibration. N'empêche, nombreux étaient ceux qui prônaient une nouvelle recherche de solutions pour éviter tout dynamitage pendant que les enfants sont en classe : une demande de décret pour permettre le bruit tôt le matin, des plages horaires le samedi, un report des travaux en été.

« Je pense qu'on est tous pour le REM, a réagi Julie Snyder après la réunion. Je suis d'avis qu'il faut vivre avec les inconvénients, le bruit, les problèmes de circulation. » En revanche, elle n'est vraiment pas rassurée sur les risques liés au dynamitage. « Le niveau de confiance est effrité », a-t-elle dit.