La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a annoncé mercredi matin que son administration augmente la cadence pour remplacer les entrées d’eau en plomb de maisons et de bâtiments publics de la métropole.

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

Il est question d’environ 48 000 entrées de service d’eau en plomb d’ici 2030. Les bâtiments visés datent de la période d’après-guerre, avant les années 70.

À la Ville de Montréal, on insiste pour dire que le risque d’intoxication au plomb est faible. Aucun cas n’a été déclaré à la direction de la Santé publique de Montréal (DSP). Mais, avec la nouvelle recommandation de Santé Canada d’abaisser de 10 à 5 microgrammes par litre la concentration maximale de plomb de l’eau provenant d’un robinet, il n’y a aucune chance à prendre, a souligné Valérie Plante.

« On prend ça très au sérieux, et on est prêt à la Ville de Montréal. C’est un geste très fort qu’on annonce pour régler le problème. Mais, je veux vous rassurer, la qualité de l’eau à Montréal est excellente », a déclaré la mairesse de Montréal lors d’un point de presse.

Au total, la Ville de Montréal compte investir 516 millions pour les travaux publics et la gestion des contrats. Un autre montant de 41 millions sera dédié à un plan d’action ambitieux d’inspection et de dépistage. Cette enveloppe de plus d’un demi-milliard sera financée par le gouvernement, de l’emprunt, et par la fameuse taxe provenant du Fonds de l’eau de l’agglomération montréalaise, a affirmé la Ville de Montréal.  

La première étape consistera à déployer une campagne de dépistage accélérée pour repérer l’ensemble des conduites en plomb sur le territoire. Des filtres au coût de 50 $ seront mises à la disponibilité des propriétaires d’immeubles visés dans un registre. Une carte est désormais en ligne permettant aux citoyens de vérifier si leur entrée d’eau est potentiellement en plomb.

Les citoyens devront cependant attendre l’été prochain pour les analyses puisque la présence de plomb est plus facilement détectable quand la température passe la barre des 15 degrés Celsius. De l’échantillonnage aura aussi lieu dans les parcs, dans les fontaines d’eau publiques, les centres de la petite enfance et les garderies.

L’administration municipale a précisé que les propriétaires privés auront à assumer le coût de remplacement de leur portion de la conduite. Il est question d’un montant variant de 2200 $ à 5000 $. Le coût des travaux de l’autre portion de la conduite, celle traversant le domaine public, est assumée par la municipalité.

À la Ville, on demande aux propriétaires d’être « responsables » et d’agir promptement. Des ententes seront possibles pour étaler le paiement de la facture sur une période allant jusqu’à 15 ans.

« C’est un enjeu de santé publique. La Ville va s’assurer que les travaux soient effectués en lieu et place quand la portion publique des conduites sera changée », a précisé Mme Plante.

Rectificatif
Dans une version précédente, nous écrivions que la Ville mettra à la disposition des propriétaires des trousses d’analyse de plomb au coût de 50 $. Il s’agit plutôt de filtres qui seront offerts pour réduire la présence du plomb dans l’eau. De plus, nous indiquions que les propriétaires privés auront à assumer le coût de remplacement de leur portion de la conduite, ce qui pourrait coûter de 2000 $ à 15 000 $. Il s’agit plutôt de frais allant de 2200 $ à 5000 $. Nos excuses.