La Ville de Montréal se dit contrainte de fermer un deuxième centre de recyclage en moins de deux semaines pour une durée indéterminée, faute d’avoir une entreprise disponible pour assurer le transport des débris de construction, des déchets de rénovation, le métal et autres pots de peinture déposés par les citoyens. C’est l’occasion de revoir l’ensemble du marché, estime la mairesse Valérie Plante.

Kathleen Lévesque
Kathleen Lévesque La Presse

Après la fermeture de l’écocentre de Saint-Laurent la semaine dernière, c’est au tour de celui de LaSalle de voir ses portes fermées temporairement. À chaque fois, la Ville a évoqué «une situation hors de son contrôle» qui l’oblige à rediriger la population vers les cinq autres écocentres sur l’île.

«On se retrouve dans une position très difficile mais ce n’est pas par manque de recherches de solutions. Le marché doit être repensé pour encourager et stimuler de plus petits joueurs pour ne pas être à la merci d’une grande entreprise qui elle, ne respecte pas les règles et jette ses vidanges dans la nature», a commenté la mairesse Plante à la sortie de l’assemblée extraordinaire du conseil municipal vendredi après-midi.

Au centre du problème, on retrouve l’entreprise Mélimax et ses filiales qui ont été bannies de tous les contrats publics par l’Autorité des marchés publics du Québec. Pendant des années, l’entreprise Mélimax a déversé des déchets dans une ancienne sablière située en Montérégie. Le ministère de l’Environnement a révélé le pot-aux-roses à la suite d’une enquête.

Une fois inscrite au Registre des entreprises non-admissibles (RENA), Mélimax ne pouvait plus honorer ses contrats avec Montréal. L’entreprise a été remplacée mais par une autre qui s’est révélée être liée à Mélimax, avec le résultat que la Ville n’avait plus de fournisseur pour assurer le service des écocentres. Montréal cherche une solution; un appel d’offres «long terme» est planifié, indique-t-on.

Le chef de l’opposition, Lionel Perez, ne mâche pas ses mots à l’égard de l’administration Plante qu’il estime être «l’architecte de son propre malheur». «Je trouve ça ironique d’entendre la mairesse dire qu’elle refuse de faire affaire avec une entreprise où il y a un questionnement éthique. Pourtant, son administration a octroyé des contrats à cette entreprise Mélimax l’année passée», a-t-il soulevé.

Selon M. Perez, «la population paie le prix des choix de l’administration. Ç’a aurait pu être évité et c’est dommage».