La Maison de l'innovation sociale lance ses activités

Patrick Dubé et Violaine Des Rosiers, codirecteur et... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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Patrick Dubé et Violaine Des Rosiers, codirecteur et codirectrice général de la nouvelle Maison de l'innovation sociale.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

La Maison de l'innovation sociale ouvre ses portes à Montréal. Et déjà, elle est associée à une foule d'initiatives pour créer l'environnement des villes de demain et pour développer d'autres projets inspirants. Visite au coeur de cet organisme original.

Émettre des obligations communautaires pour acheter un immeuble patrimonial.

Mettre au point des rampes portatives adaptées dans des espaces peu accessibles aux personnes handicapées.

Inciter à démanteler plutôt qu'à démolir des bâtisses. Pour cela, offrir un reçu pour usage fiscal reflétant la valeur des matériaux récupérés. Et réutiliser les matériaux conservés pour faire des projets avec les autochtones, les sans-abri, etc.

Les initiatives ne manquent pas du côté d'Entremise, de Montréal sans obstacle et d'Architectes sans frontières. Et c'est sans compter celles de la douzaine de participants du programme Ville d'avenir.

Pour aider à donner vie à toutes ces idées, et à beaucoup d'autres, il y a une dizaine de gestionnaires inspirés. Ils forment l'équipe de la nouvelle Maison de l'innovation sociale (MIS), qui accueille depuis peu des participants dans ses locaux du Quartier de l'innovation dans Griffintown.

Leur mission : réduire les obstacles dressés devant ceux qui veulent changer le monde, un projet à la fois.

« On veut démocratiser l'accès et encourager la participation citoyenne. On souhaite que les communautés s'approprient les solutions qui sont adaptées à leurs propres besoins. »

- Violaine Des Rosiers, codirectrice générale de la MIS

La MIS se veut un grand lieu de rassemblement, de collaboration et d'accompagnement. Elle s'inscrit dans un écosystème pour soutenir ceux qui ont des idées « à impact social positif ».

Elle fait le lien entre les citoyens, les communautés, les entrepreneurs sociaux, les entreprises privées, les villes, les gouvernements, les universités, etc.

« L'innovation sociale touche tout le monde, explique Patrick Dubé, codirecteur général. Notre rôle dans la chaîne de valeur est de connecter les différentes parties. »

En plus de Ville d'avenir, la MIS développe le programme Innovateurs sociaux en résidence. Et elle gère aussi le Centre d'expertise et le préincubateur numérique.

La MIS est financée et appuyée par plusieurs partenaires. Il s'agit de la Fondation Mirella et Lino Saputo et de celle de la famille J.W. McConnell, de l'Université Concordia et de HEC Montréal. Ce groupe compte aussi un centre de recherche en développement durable, le CIRODD, et l'accélérateur Esplanade.

VILLE D'AVENIR 

Le programme d'innovation sociale Ville d'avenir s'inscrit dans le programme pancanadien Future Cities.

Il porte sur la participation citoyenne, les infrastructures, la gouvernance et les innovations financières.

« L'objectif est de remettre les citoyens au coeur des villes intelligentes. C'est de repenser la façon dont on fait de l'innovation urbaine, de manière plus inclusive. »

- Patrick Dubé, codirecteur général de la MIS

Bref, trouver des moyens pour augmenter la résilience des communautés. Pour réduire les inégalités dans les villes. Et pour favoriser le bien-être de la communauté et du milieu.

Plusieurs innovations sont proposées par les participants nouvellement installés dans les locaux de la MIS. Mais il est encore trop tôt pour connaître l'échéancier de leur déploiement.

PROJET YOUNG

Elle-même en phase de démarrage, la MIS participe au premier projet de Ville d'avenir avec l'ouverture de ses locaux au 204, rue Young.

« L'occupation de l'immeuble est une innovation sociale en soi, dit Violaine Des Rosiers. On fait partie de l'initiative Laboratoire transitoire. Ce lieu n'est pas permanent. »

En fait, la MIS occupera ces locaux pendant 22 à 24 mois. Ensuite, elle déménagera dans un autre espace vacant.

Le mouvement d'urbanisme transitoire met à profit des actifs non utilisés dans la ville. Il permet à des locataires d'occuper temporairement des espaces à peu de frais.

Les propriétaires y voient aussi leurs intérêts. « Quand l'immeuble est occupé, sa valeur se maintient dans le marché, précise Mme Des Rosiers. Et il y a des coûts d'assurance à entretenir un immeuble vide. C'est aussi une façon de repenser la vocation du site. »

Ce projet est piloté par Entremise, qui a négocié l'entente avec la Ville de Montréal.

QU'EST-CE QUE L'INNOVATION SOCIALE ?

Ce concept s'appuie sur quatre piliers, explique Patrick Dubé, codirecteur général de la Maison de l'innovation sociale.

« D'abord, l'innovation sociale doit répondre à un besoin social bien défini et circonscrit par quelque chose qui n'existe pas, d'où l'importance d'innover. Ça peut être un nouveau service, un nouveau produit, une nouvelle politique, une nouvelle loi, un nouveau processus dans la ville qui permet de soutenir quelque chose dans la communauté.

« Deuxièmement, il faut que les gens se l'approprient. Il n'y a pas d'innovation sociale sans adoption.

« Troisièmement, le bénéfice ne doit pas servir qu'à un seul groupe d'individus. Mais à tout le tissu autour de la communauté.

« Enfin, ces innovations doivent aider à transformer les communautés vers une société plus juste, plus égalitaire, plus résiliente.

« La vision ultime, c'est la transformation du système. En d'autres mots, le changement systémique. »

Un exemple ? À l'international, l'implantation du microcrédit a donné accès au capital à des communautés. Et elle leur a permis de développer des projets. Son créateur, l'économiste bangladais Muhammad Yunus, a obtenu le prix Nobel de la paix en 2006.




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