La ministre de la Justice a beau avoir assoupli l'application de la loi 62 sur la neutralité religieuse dans les services publics, Denis Coderre trouve la loi toujours aussi mal ficelée et inapplicable.

Mis à jour le 24 oct. 2017
David Santerre LA PRESSE

«Il y a deux éléments qui me titillent continuellement. C'est de mettre une pression indue et inutile sur nos employés. (...) Dans un deuxième temps, ça stigmatise les femmes», a commenté le maire sortant.

«Une journée c'est dans tout l'autobus, aujourd'hui on dit c'est à l'entrée... Si on veut faire du vivre ensemble on ne peut pas mettre de la pression sur la personne avant qu'elle entre dans l'autobus. Ça commence à être compliqué un peu», a poursuivi le maire.

Questionné sur le fait que le gouvernement puisse s'adresser aux tribunaux pour demander des injonctions forçant les municipalités à appliquer la loi, il a laissé entendre qu'il y aura là une belle occasion de faire passer le test de la Charte des droits et libertés à la loi 62.

«Plus le gouvernement semble vouloir s'expliquer sur les détails entourant la loi 62, plus la confusion règne entourant son application. Cette loi a été mal conçue et il est clair qu'elle sera impossible à appliquer. C'est d'ailleurs un avis partagé par l'UMQ. La STM permet maintenant aux gens d'entrer dans certains autobus par la porte arrière, comment sera-t-il possible de faire appliquer ces mesures? (...) Le gouvernement doit se rendre à l'évidence et convenir qu'il s'est embourbé dans ce dossier parce qu'il n'a pas fait de "test de réalité" avec ses partenaires municipaux», a quant à elle réagi Valérie Plante, aspirante à la mairie de Montréal.