Les Montréalais ne doivent pas compter rouler bientôt sur le boulevard urbain qu'on promettait pour rénover la rue Notre-Dame.

Denis Lessard LA PRESSE

Le gouvernement Marois revoit la liste des projets d'immobilisation qu'il pourra financer, après qu'une coupe de 1,5 milliard par année a été annoncée l'automne dernier. Les 8,5 milliards restants seront accaparés par les deux grands hôpitaux universitaires en santé. Pour les transports, la réfection urgente de l'échangeur Turcot, une facture passée de 1,1 à 3,1 milliards en cinq ans, engloutira une grande partie des fonds.

Interrogé par La Presse hier, le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, est resté très évasif au sujet de la rue Notre-Dame. Le gouvernement est en réévaluation. Toutefois, Québec devrait annoncer sous peu qu'il désenclave le boulevard de l'Assomption pour favoriser l'accès au port, a-t-on appris. Une autre section de la rue Notre-Dame, vers l'ouest, est comprise dans la réfection de l'échangeur Turcot.

Après 2016

Pour adoucir les mauvaises nouvelles, le gouvernement Marois a trouvé une façon de ne pas officiellement rayer un projet de la liste. Les prévisions, qui s'étalaient sur cinq ans, se feront désormais sur 10 ans, jusqu'en 2022.

Une note produite par le ministère des Transports à l'intention du cabinet du prédécesseur de M. Gaudreault, Pierre Moreau, indique que, des projets annoncés pour un total de 2,1 milliards, la rue Notre-Dame, l'A19 à Bois-des-Filion, l'A20 à Trois-Pistoles et la finalisation de l'A85, l'autoroute Claude Béchard en Matapédia, «étaient reportées au-delà de la période quinquennale», c'est-à-dire après 2016.

D'autres projets annoncés n'étaient pas complètement financés - il restait 345 millions à trouver.

Les annonces de projets routiers pour lesquels aucun budget n'était prévu étaient monnaie courante sous le gouvernement Charest, a déploré le ministre des Transports.

«Je me réveille la nuit pour ne pas en revenir!», a-t-il lancé en commission parlementaire. À la toute veille du déclenchement des élections, le gouvernement Charest, «atteint du syndrome de la coupure de ruban», a «multiplié les annonces irresponsables».

«Ce que les Québécois reprochent à l'ancien régime, c'est de ne pas avoir dit la vérité, a-t-il lancé. Désormais, on va dire ce qu'on va faire et faire ce qu'on a dit.»

Selon la députée libérale Julie Boulet, qui a occupé le poste des Transports, le gouvernement péquiste «jette de la poudre aux yeux. Ils réduisent les dépenses d'immobilisation de 1,5 milliard et, maintenant, ils n'ont pas le choix et cherchent des excuses. Quand on coupe autant d'argent, c'est clair qu'il y aura des projets retardés». Les projets annoncés se trouvaient dans les plans du gouvernement, mais «quand on dit qu'on va entreprendre des études pour des questions de sécurité, il n'y a pas de prévisions faites, il n'y a pas de montants inscrits au budget», explique-t-elle.