La création du parc de l'Archipel de Montréal, vaste territoire d'une richesse écologique inégalée autour de la métropole, a obtenu un appui important aujourd'hui : la Ville de Montréal demande à son tour à Québec d'en faire une zone protégée.

Karim Benessaieh LA PRESSE

Avec la motion présentée par Alan De Sousa, responsable du développement durable au comité exécutif, la métropole est ainsi devenue le 100e organisme à réclamer la création de ce parc. «On trouve que c'est important pour les générations à venir, a expliqué en point de presse M. De Sousa. Ça tombe exactement dans les objectifs gouvernementaux. Maintenant, il faut traduire ça en actions.»

Le geste a été qualifié de «splendide effort» par le porte-parole des Partenaires du Parc écologique de l'Archipel de Montréal, David Fletcher. Le territoire qu'on souhaite protéger contient la plus grande concentration d'espèces en péril de la province, même s'il n'en représente que 1% en superficie. On estime qu'à peine 3% de ce territoire est actuellement protégé. «Nous devons bouger dès maintenant, dit M. Fletcher. C'est le seul domaine de cette importante qui n'a ni stratégie, ni plan d'action cohérent. La pression est sévère sur une très riche biodiversité.»

Une «mosaïque»

Le territoire visé est essentiellement bordé au nord par les Basses-Laurentides, du Suroît à Sorel, jusqu'à la frontière américaine. On espère en protéger 17% tout en maintenant une trame continue entre les zones d'intérêt.

«La plupart des terres sont privées, c'est une difficulté, note M. Fletcher. Les écosystèmes sont morcelés, divisés. On doit trouver des corridors et les relier.»

Selon la motion déposée aujourd'hui, ce parc est présenté comme «une mosaïque de forêts, plaines inondables, de milieux humides, de terres agricoles et d'îles» reliés par des corridors naturels et des cours d'eau. La résolution sera acheminée aux ministres fédéral et provincial de l'Environnement.