Échaudé par l'effondrement dimanche d'une structure de béton de 25 tonnes sur l'autoroute Ville-Marie, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, réclame l'utilisation de péages à l'échelle du Québec et une hausse de la taxe d'accise sur l'essence pour financer la réfection du réseau routier québécois.

Pierre-André Normandin LA PRESSE

Après avoir proposé en 2008 un réseau de péages de 300 millions pour ceinturer la région de Montréal, Gérald Tremblay estime maintenant qu'un tel système ne doit pas se limiter à la métropole, mais s'étendre à toute la province. «Avec l'importance des infrastructures et des investissements que l'on doit faire partout au Québec, peut-être que le gouvernement devrait considérer sérieusement un péage provincial. Le gouvernement a fait le pont de l'A25 et il a fait un péage pour répondre à ses besoins. Il va peut-être faire la même chose pour d'autres infrastructures. Maintenant, ce qu'on dit, c'est: "Pensez aux municipalités"», a lancé le maire lors d'un point de presse, mardi.

Selon lui, la technologie de lecture des plaques d'immatriculation permettrait de faire payer les automobilistes circulant sur certaines autoroutes, selon le principe de l'utilisateur-payeur. L'argent ainsi récolté ne servirait pas uniquement à payer un nouveau pont ou une nouvelle route, mais bien à restaurer l'ensemble des routes, ponts, viaducs et autres infrastructures vieillissantes du réseau routier.

«Ce n'est pas du tout sur notre écran radar», a toutefois rapidement réagi Maxime Sauvageau, attaché de presse du ministre des Transports du Québec, Sam Hamad.

Gérald Tremblay n'en démord pas et accuse les gouvernements fédéral et provincial de ne pas en faire assez pour financer la réfection des infrastructures. «Malheureusement, ça prend des incidents comme celui qu'on a vécu au tunnel Viger ou encore sur le pont de la Concorde. Mais on ne peut plus attendre. Quand on additionne tous ces incidents et l'insécurité que ça cause dans la population, les gouvernements n'ont plus le choix d'investir. On est à la croisée des chemins.»

Montréal estime avoir déjà fait beaucoup de son côté pour financer la réfection de son réseau routier. «On a pris toute la pression. Ce n'était pas facile d'augmenter les parcomètres. Ce n'était pas facile, une taxe sur le stationnement de 20 millions. Ce n'est pas facile de demander à l'ensemble des Montréalais une taxe de 45$ d'immatriculation. C'est injuste que ce soient juste les Montréalais qui paient», a déploré M. Tremblay.

Sans fournir de chiffres précis, celui-ci estime qu'il faudrait investir «un minimum de 15 milliards par année» pour rattraper le retard dans la réfection des infrastructures. Selon lui, seules de nouvelles sources de revenus pourront permettre d'atteindre cet objectif. «Ayons le courage de prendre une décision sur une taxe d'accise additionnelle ou encore un péage provincial et consacrons cet argent au transport en commun et aux infrastructures. Je suis convaincu que les citoyens vont applaudir.»

Haussant le ton envers le gouvernement provincial, le maire Tremblay a également réclamé que soient rendues publiques toutes les études sur les infrastructures routières, promettant de faire preuve d'autant de transparence pour les infrastructures sous la responsabilité de la Ville. «Je trouve que c'est irresponsable de ne pas les rendre disponibles. Les citoyens sont en droit de savoir.»