Le parti Vision Montréal rembourse sa dette à même les coffres de la Ville de Montréal, a accusé mardi le parti concurrent Projet Montréal, qui n'écarte pas la possibilité de faire une plainte formelle au ministère des Affaires municipales.

Mis à jour le 27 juill. 2011
Gabriel Béland LA PRESSE

Selon le deuxième parti de l'opposition, Vision Montréal a réclamé et obtenu 52 000 $ en 2010 en remboursement de recherche et de secrétariat. La somme aurait servi a éponger les intérêts sur un prêt de 1 million contracté par Vision Montréal pour les élections municipales de 2009.



«Ce 52 000 $ d'intérêt provient directement des dépenses électorales de 2009 et ne devrait pas être payé par l'argent public des Montréalais, a dénoncé le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron. Vision Montréal et Louise Harel devraient payer à même leurs propres fonds les intérêts d'un prêt électoral.»



Selon la Loi sur les cités et villes, 1/30 de 1% du budget de fonctionnement de Montréal doit aider à soutenir les conseillers municipaux dans leur travail auprès des citoyens. Ces sommes doivent servir à «la recherche et au secrétariat» et peuvent être réclamées par les partis.



Projet Montréal estime que la formation de Louise Harel a contrevenu à l'esprit de la loi en faisant rembourser les intérêts de son emprunt. Richard Bergeron accuse le premier parti de l'opposition d'avoir «tenté d'acheter les élections de 2009».



«Les intérêts sur les emprunts font partie des dépenses admissibles et ils ont été intégrés à même nos frais d'opération de manière transparente et légale», a répliqué la chef de Vision Montréal, Louise Harel, qui précise que 50% de la dette du parti a été remboursée depuis les dernières élections.



Le ministère des Affaires municipales a dit mardi qu'il pourrait entamer des vérifications sur cette affaire s'il y avait une plainte. Projet Montréal n'écartait pas hier la possibilité d'en loger une au Ministère.