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Arnold Schwarzenegger: l'art de faire son lit en Amérique

Louise Leduc
La Presse

Ça aide beaucoup, de coucher avec une Kennedy.

Qui le dit? Arnold Schwarzenegger, invité hier à prononcer une conférence devant la chambre de commerce du Montréal métropolitain, en expliquant en quoi il se distingue de la masse grouillante des ex-politiciens devenus conférenciers.

«George Bush, lui, n'a pas dansé avec Dany DeVito. Et combien ont été nus dans Terminator 3? Combien ont été enceintes comme moi dans Junior? Combien d'entre eux ont couché avec une Kennedy?»

Arnold Schwarzenegger en a rajouté tout de suite après, insistant sur l'utilité de coucher avec la bonne personne pour réaliser à fond son rêve américain. «Tu viens en Amérique, tu as l'air du chien, puis tu épouses une Kennedy. Ça, c'est la version courte.» (Sa femme, Maria Shriver, est la fille d'Eunice Kennedy, soeur de feu John.)

Comme l'idée était de faire un discours de motivation de type «quand on veut, on peut», Schwarzenegger a tout de même longuement insisté sur le fait que, en réalité, pour réussir, il faut surtout beaucoup de vork.

Oui, beaucoup de travail, a-t-il dit avec son fort accent autrichien.

Schwarzenegger était ici en terrain conquis, en terrain protégé - pourquoi tous ces policiers et gardes du corps autour de lui? - et en terrain connu. Ici, il est venu en vacances, il a fait des films. Mais c'est surtout grâce aux Montréalais Ben et Joe Weider - spécialistes du culturisme - que sa carrière a été lancée. Il a d'ailleurs salué la veuve de Ben Weider, venue au Centre Sheraton entendre son presque-fils adoptif.

Le Canada, Schwarzenegger l'adore pour toutes sortes de raisons personnelles, mais il l'admire aussi pour la façon dont il s'est sorti de la crise financière et pour sa participation à la guerre en Irak.

Petit problème, ici: sous Jean Chrétien, le Canada a refusé tout net de poser le pied en Irak, et de très rares soldats n'y ont fait qu'une très brève apparition, au début du conflit.

Il y a aussi eu cette autre erreur factuelle quand, quelques minutes plus tard, Schwarzenegger a parlé de Montréal comme de la capitale du Canada.

Les approximations n'ont manifestement jamais empêché Arnold Schwarzenegger de faire son chemin. Il a réussi, en tout, à force de vork, vork, vork et parce qu'il n'a jamais prêté attention à tous les rabat-joie qui lui prédisaient les pires échecs en Amérique (Schwarzenegger ne dit à peu près jamais «États-Unis». Il dit: «L'Amérique.»)

Vrai, a-t-il convenu, il avait un nom impossible, un accent à couper au couteau et un physique très peu de son temps. À l'époque, à Hollywood, «Dustin Hoffman, Al Pacino, Woody Allen: c'était eux, les sex-symbols!»

Mais qu'importe! Il ne s'est pas arrêté à cela ni à tous ceux qui l'assimilaient «à un gai ou à un être narcissique» en raison de son corps d'enfer. Il s'est lancé à fond de train dans les cours d'art dramatique, dans les cours d'anglais, dans les cours de diction pour gommer son accent. «Et voyez le résultat!» a-t-il lancé, riant de lui-même.

Foncer dans le tas

Plus tard, comme politicien aussi, il a foncé dans le tas, porté par la vision Kennedy du service public et de la compassion (voilà qui était plus gentil que les propos du début sur sa femme, Maria Shriver). Quand la Californie a pris des mesures pour lutter contre la pollution et qu'elle a été poursuivie par le gouvernement central pour empiètement de compétence, «on a contre-attaqué par notre propre poursuite et on a gagné!» s'est-il vanté.

Et Schwarzenegger de se lancer dans une tirade autonomiste: au Canada aussi, a-t-il dit, les provinces font très bien de lever le ton «devant un gouvernement fédéral qui, ici non plus, ne pense pas de la même façon (que les provinces)».

On ne la fait pas à Schwarzenegger, qui n'a rien caché de son mépris pour tous ces politiciens qui, contrairement à lui, «ont tout le temps peur». «Ceux-là, moi, je les considère comme des fifilles (girly politicians).»

Les membres de la chambre de commerce et les journalistes n'ont pas pu poser de questions à Schwarzenegger. C'est l'ex-ministre fédéral Michael Fortier qui a fait office de reporter. Il lui a notamment demandé son avis sur le libre-échange et sur la crise économique.

Schwarzenegger s'est dit tout à fait favorable au libre-échange, comme en témoigne son rôle dans la conclusion récente d'un accord avec la Corée du Sud. Quand on a fait des films vendus dans le monde entier, on est bien au fait de l'importance «de faire du monde un vaste marché».

Au sujet de la crise économique, il a prédit que les États-Unis en auraient jusqu'en 2017 avant de se tirer d'affaire. Il a blâmé les banquiers «qui ont prêté 500 000$ à des gens sans revenus stables» pour qu'ils achètent des maisons au-dessus de leurs moyens.

Schwarzenegger s'est prononcé sur de tels sujets pendant une vingtaine de minutes, puis il a conclu en lançant son très attendu «I'll be back».




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