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Montréal, capitale de la lutte contre la pauvreté?

Daniel Germain... (Photo: Robert Mailloux, La Presse)

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Daniel Germain

Photo: Robert Mailloux, La Presse

Isabelle Hachey

Faire de Montréal le symbole de la lutte contre la pauvreté. Voilà l'objectif de Daniel Germain, fondateur du Sommet du millénaire, qui se tient au Palais des congrès les 15 et 16 avril. Au programme: des discussions et quelques grands noms.

S'il faut en croire Daniel Germain, la planète entière fera bientôt référence à la lutte contre la pauvreté mondiale en ne prononçant qu'un seul mot: Montréal.

 

C'est le rêve que caresse le fondateur du Sommet du millénaire, qui tiendra sa troisième édition les 15 et 16 avril au Palais des congrès de Montréal.

Jamais entendu parler de ce sommet? Pas d'inquiétude. «Avant, les gens n'avaient aucune idée de ce qu'était la conférence de Kyoto, dit M. Germain. Aujourd'hui, quand on parle de Kyoto, on ne fait même plus référence à la ville, mais à l'environnement. C'est ce qu'on veut que Montréal puisse devenir.»

Il n'y a pas à dire, «le p'tit bum de Verdun» voit grand.

M. Germain a créé le Sommet du millénaire en 2006 pour aider les États membres des Nations unies à atteindre huit objectifs de développement visant à réduire la pauvreté mondiale d'ici 2015. « L'ironie, c'est que ces objectifs ne seront jamais atteints. Cela semble de plus en plus évident « , souligne Dominique Caouette, expert en coopération internationale à l'Université de Montréal.

Le sommet permet au moins d'éveiller les consciences, estime Michel Verret, d'Oxfam-Québec. « On ne peut pas être contre une plateforme qui pousse à la réalisation de ces objectifs. Si le grand public entend qu'un milliard de personnes n'ont toujours pas accès à l'eau potable, s'il entend que 4000 femmes meurent chaque jour des suites d'un accouchement, ça peut mener à des changements d'attitude. «

Le Sommet des millionnaires

L'idée de M. Germain, c'est de «forger un important réseau mondial d'échanges et de coopération» à Montréal. Depuis 2006, plusieurs grands noms ont ainsi participé à l'événement, dont Bill Clinton et Desmond Tutu. Cette année, l'économiste Jeffrey Sachs, le prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi et l'actrice engagée Mia Farrow seront au nombre des invités d'honneur. Tout comme des vedettes hollywoodiennes. Certains critiques ont rebaptisé l'événement le « Sommet des millionnaires».

« Il est louable de réunir des représentants de l'establishment qui se soucient des objectifs du millénaire, dit M. Caouette. Mais il n'y aura personne pour représenter les habitants des bidonvilles, les paysans, les autochtones, les femmes atteintes du VIH. Ne sont-ils pas autant experts de la pauvreté que les conférenciers? «

Un Davos de l'humanitaire

M. Germain, qui a aussi fondé le Club des petits déjeuners du Québec, fraie désormais avec les grands de ce monde. Celui qui aurait pu sombrer dans la délinquance - il a fait de la prison aux États-Unis pour trafic de drogue - s'en tire donc plutôt bien. Mais est-il trop ambitieux?

Quand il ne compare pas Montréal à Kyoto, c'est à Davos que M. Germain fait référence. Il aimerait que la métropole québécoise devienne à l'humanitaire ce que la ville suisse est à l'économie: un incontournable. Le problème, c'est que son sommet a de la concurrence.

En fait, la réponse de la société civile à Davos existe déjà: c'est le Forum social mondial, qui a attiré en février 100 000 participants au Brésil . « Le Sommet du millénaire, quant à lui, réunit une quinzaine de conférenciers. Il faut être réaliste et modeste par rapport à ce que l'on fait», dit M. Caouette.

Le porte-parole du sommet, Patrick Huard, s'emporte contre « ceux qui pensent qu'on est des pelleteux de nuages et qu'à partir du Québec, il est impossible de vouloir changer le monde. Pourquoi cette petitesse d'esprit? N'a-t-on pas assez d'exemples d'événements ayant rayonné à l'international pour se dire qu'on a cette capacité?»

Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, semble y croire. Grâce au sommet, dit-il, «on positionne Montréal comme étant un leader mondial de la lutte contre la pauvreté».

Ça ne devrait pourtant pas être l'objectif, estime M. Verret. « Montréal ne devrait pas chercher à être le seul à influencer, mais bien à faire tache d'huile. Tous les pays devraient avoir leur capitale de l'humanitaire. Notre plus grande fierté, ça sera quand ce genre de capitale n'existera plus parce que la pauvreté aura été éradiquée.»

 

Les objectifs du millénaire

En 2000, la majorité des pays membres de l'ONU se sont engagés à atteindre huit objectifs de développement d'ici 2015. Les voici:

> Réduire l'extrême pauvreté et la faim

>Assurer l'éducation primaire pour tous

> Promouvoir l'égalité et l'autonomie des femmes

> Combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies

> Réduire la mortalité infantile

> Assurer un environnement durable

> Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

 

Discussions et conférences

Le Sommet du millénaire se déroulera en deux temps.

La première journée sera consacrée à des discussions réservées aux membres de la société civile, aux universitaires et aux décideurs gouvernementaux. Ils échangeront sur les façons d'améliorer les pratiques en matière de développement.

Le lendemain, le public est invité à assister à des conférences livrées par des experts et des célébrités parmi lesquelles on retrouve notamment Val Kilmer et Mia Farrow.

www.sommetmillenaire.ca

 




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