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Colère et résignation à Montréal-Nord

Un regroupement communautaire, Républik Montréal-Nord, a tenu un... (Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Un regroupement communautaire, Républik Montréal-Nord, a tenu un point de presse sur les lieux du drame pour dénoncer l'attitude des autorités et du gouvernement.

Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse

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Hugo Meunier
La Presse

Les conclusions de l'enquête policière entourant la mort de Fredy Villanueva ont été accueillies avec colère et résignation hier dans l'arrondissement de Montréal-Nord. Plusieurs s'accrochent à l'espoir de voir l'enquête publique faire la lumière sur la mort du jeune homme, à l'origine de la flambée de violence qui avait embrasé le secteur en août .

Anthony Clavasquin avait du mal à digérer les conclusions de l'enquête. Il est inconcevable selon lui que les policiers impliqués, surtout celui qui a abattu son cousin, s'en sortent sans accusation. «C'est lui qui est mort et le blâme est dirigé contre lui!», a pesté le cousin de Fredy Villanueva, qui jouait aux dés au parc Henri-Bourassa avec la victime le jour du drame. «Les policiers disaient au départ qu'on était 20 et qu'on les a encerclés, pourquoi on ne parle plus de ça? Pourquoi on ne parle pas des deux autres avec nous qui ont reçu une balle», s'est interrogé le jeune homme, qui a lui-même pris part à l'enquête de la Sûreté du Québec.

 

Pour Anthony Clavasquin, comme pour plusieurs personnes croisées hier dans le quartier, plusieurs questions demeurent sans réponse. «Il faut que l'enquête publique raconte ce qui s'est vraiment passé. On ne faisait rien de mal ce jour-là. C'est sûr que ces conclusions touchent beaucoup la famille. On s'attendait à plus», a laissé tomber Anthony Clavasquin.

Il faisait froid hier. Les rares piétons étaient pressés. La plupart refusaient de commenter les conclusions de l'enquête, l'air exaspéré par la présence des nombreux médias qui bourdonnaient à nouveau dans le secteur.

Drôle de hasard, des ouvriers réparaient l'enseigne du commerce La Flamme du dollar, vandalisé par les émeutiers en août dernier. «Si l'enquête ne va pas plus loin, les choses peuvent dégénérer à nouveau», craint le propriétaire, Joseph Elzein.

Un des clients de la boutique, James Benson, a pour sa part vertement critiqué les résultats de l'enquête. «Comment on explique ça aux parents du jeune? Ça n'a pas de sens, imaginez la situation contraire, si quelqu'un avait tiré sur le policier», a déploré le jeune homme, qui se dit régulièrement victime de profilage racial. «J'ai une casquette, des dreads, j'ai droit à des vérifications de routine», a dénoncé M. Benson.

Comprendre les démarches

À l'organisme Les Fourchettes de l'espoir, rue Pascal, le Mouvement solidarité Montréal-Nord (MSMN) s'est réjoui de la mise sur pied de l'enquête publique.

MSMN a toutefois insisté pour que le contexte social soit pris en considération, notamment la pauvreté ambiante du secteur et le profilage racial vécu par les jeunes.

Comme le dénouement de l'enquête policière ne changera pas, les intervenants espèrent au moins que l'enquête publique puisse donner l'heure juste. «On ne connaît pas les démarches de l'enquête policière. L'enquête publique va nous permettre de les comprendre», a résumé la directrice des Fourchettes de l'espoir et porte-parole du MSMN Brunilda Reyes.

L'organisme a aussi demandé au gouvernement et à la Ville de réévaluer le processus des enquêtes policières préconisées en vertu d'une politique ministérielle, de manière à améliorer leur transparence.

Travailleur de rue à la Maison d'Haïti, Harry Delva a affirmé que les conclusions de l'enquête ont laissé beaucoup de gens sur leur faim. «Plusieurs sont résignés. Ils ne croient plus au système judiciaire», a-t-il souligné. Selon lui, les ponts sont à reconstruire entre les policiers et les gens de Montréal-Nord.

Choqué, outré, mais pas surpris

La flamme d'une bougie vacillait devant le parc où Fredy Villanueva a été tué. C'est là que l'organisme Montréal-Nord Republik avait convié les médias en fin de journée. Il demande la mise sur pied d'une unité d'enquête indépendante lorsqu'un citoyen est blessé ou tué par un policier.

Plusieurs ont décrié l'enquête policière menée par des policiers. «Je suis choqué, outré, mais pas surpris. Il existe une justice pour les policiers et une pour les citoyens. On a fait le procès des Villanueva, pas celui des policiers», a dénoncé Will Prosper, porte-parole de Montréal-Nord Republik.

Des membres de la famille Villanueva ont rencontré les responsables de l'enquête au quartier général de la Sûreté du Québec hier.

 




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