L'ancienne ministre péquiste Louise Beaudoin qualifie la commission Charbonneau d'« extrêmement utile » pour faire la lumière sur la corruption, mais se sent également « interpellée » par les réputations qui y sont entachées.

LA PRESSE CANADIENNE

« Prenons ce qui se passe à Laval, on voit bien que la Commission Charbonneau nous apprend des choses, nous démontre le système », a déclaré l'ancienne politicienne lors d'une entrevue accordée à La Presse Canadienne, samedi.

« C'est pour ça qu'elle a été créée, pour qu'on comprenne comment ça se passe, pourquoi ça se passe et pour qui ça se passe. C'est quand même assez stupéfiant. »

Consciente qu'il ne s'agit pas d'un procès, elle se demande néanmoins si son fonctionnement actuel est inhérent à toutes les commissions d'enquête de ce type.

Mme Beaudoin a aussi dit souhaiter la rigueur « la plus ferme possible » à la commission, afin d'assurer que personne ne soit injustement éclaboussé par des déclarations-chocs de témoins.

Faisant allusion à l'ancien ministre péquiste Guy Chevrette, qui s'est retrouvé mêlé au scandale par les déclarations de l'ex-organisateur politique Gilles Cloutier, elle se demande « s'il n'y a pas moyen de vérifier et de contre-vérifier » ce que les témoins y disent pour « démêler le vrai du faux ».

Mme Beaudoin estime que son ancien collègue a raison de vouloir laver sa réputation.

« Je me demande s'il n'y a pas moyen, quelque part, d'être plus rigoureux pour éviter ce type de conséquence », questionne l'ancienne ministre.

Devant autant de déclarations, Louise Beaudoin craint que les citoyens finissent par « mettre tout le monde dans le même sac », ce qui la fait « grincer des dents ».

Et Mme Beaudoin, qui a été députée pendant 12 ans et ministre pendant huit ans, est catégorique: jamais on ne lui a offert d'enveloppes durant sa carrière de politicienne.