(Ottawa) Sous le feu des critiques pour sa gestion de l’occupation du « convoi de la liberté » dans la capitale nationale, le chef du Service de police d’Ottawa, Peter Sloly, a remis sa démission.

Mis à jour le 15 février
Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse
Louise Leduc
Louise Leduc La Presse

Le départ du patron des services policiers survient au jour 19 de l’occupation d’Ottawa, et alors que certains camions ont commencé à être déplacés des zones résidentielles vers le cœur du centre-ville, en face du parlement, rue Wellington.

Il survient aussi au lendemain de l’annonce de l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence par le gouvernement Trudeau.

Le chef Sloly et le corps policier ont été abondamment critiqués pour leur gestion de cette manifestation. Au courant de la fin de semaine, le ministre de la Protection civile et ancien chef de police de Toronto, Bill Blair, avait manifesté son insatisfaction.

Les lacunes sur le plan de l’application de la loi sont « assez incompréhensibles », a-t-il entre autres déclaré en entrevue à CBC, dimanche.

À la barre du SPO depuis août 2019, Peter Sloly était devenu le premier Noir à se hisser à la tête de ce corps policier.

Un « chaos carnavalesque »

La Commission des services policiers d’Ottawa – constituée notamment de responsables policiers et de conseillers municipaux – a tenu une assemblée extraordinaire en après-midi. La démission de Peter Sloly a été à peine abordée. « C’est une question de relations de travail et ceci étant, aucun commentaire ne peut être fait », a déclaré la présidente da Commission, Diane Deans.

Mme Deans a dit ne pas arriver à comprendre comment « ce chaos carnavalesque » créé par les manifestants a pu être autorisé à se poursuivre et empoisonner à ce point la vie des résidants d’Ottawa qui « sont terrorisés ».

Comme d’autres conseillers municipaux présents, elle a vivement critiqué l’inefficacité de la police d’Ottawa, exprimant notamment son inquiétude devant ces agents qui auraient publiquement donné leur appui aux manifestants.

« La vaste majorité de nos policiers travaillent chaque jour à rétablir la loi et l’ordre. Les autres n’ont pas leur place dans notre corps de police et vous avez ma parole qu’il y aura enquête approfondie pour chaque cas », a répondu Steve Bell, chef adjoint du Service de police d’Ottawa.

« Nous avons un plan »

Il a assuré les commissaires que la police d’Ottawa « a un plan pour mettre fin à l’occupation illégale des rues » d’Ottawa, de façon pacifique. « Nous sommes à un tournant. »

En après-midi, le Service de police d’Ottawa estimait qu’il y avait toujours 150 véhicules installés illégalement sur la voie publique. Jusqu’ici, 33 accusations ont été déposées, 18 arrestations ont été faites et 3000 contraventions ont été distribuées.

La Commission des services policiers d’Ottawa estime que la facture s’élève maintenant à 14 millions.

Rawlson King, conseiller municipal d’Ottawa, a vivement dénoncé l’inaction et l’inefficacité des policiers, ce qui, à son avis, « est inexplicable ».

Le chef adjoint Steve Bell a défendu son service, disant que cette manifestation « est sans précédent dans l’histoire du pays ».