Un sondage commandé par une entreprise voisine du projet Royalmount indique que l’écrasante majorité de la population de Mont-Royal souhaite un référendum sur l’ajout de tours de condos au projet. Mais ces résultats ont immédiatement été rejetés par le maire et le promoteur, qui jugent l’exercice partial.

Vincent Larouche
Vincent Larouche La Presse

Plus de 81 % des résidants sondés dans la petite municipalité cossue croient que la Ville devrait tenir un référendum sur l’ajout d’un volet résidentiel au projet Royalmount, alors que 78 % disent que la Ville devrait attendre après les élections municipales pour prendre une décision à ce sujet. Par ailleurs, 79,6 % des répondants disent avoir besoin de plus d’information pour se faire une tête sur la nouvelle mouture du projet de développement, selon les résultats du sondage obtenus par La Presse.

Le coup de sonde a été mené par la firme de relations publiques Navigator au nom de Dollarama, qui dispose d’un énorme centre de distribution à côté des terrains de Royalmount et qui craint des problèmes de cohabitation si beaucoup de résidants s’y installent. L’exercice était mené par André Turcotte, ancien employé de la firme Gallup. Avec 332 répondants questionnés entre le 7 et le 23 juin, la marge d’erreur est de plus ou moins 4,7 %, 19 fois sur 20.

« C’est évident que les gens trouvent que ça va trop vite. On a 81 % des répondants qui veulent un référendum ; c’est très rare, ce genre de consensus », dit M. Turcotte.

Divisés sur l’ajout des condos

Le Royalmount était initialement prévu comme un centre commercial. Le zonage pour cette première version a déjà été approuvé par Mont-Royal. Cette semaine, une consultation publique s’est ouverte au sujet d’un nouveau changement de zonage qui permettrait au promoteur de bonifier son projet en ajoutant 3250 condos sur le site.

Toujours selon le sondage, les répondants semblent partagés quant à cet ajout d’un volet résidentiel : 37,2 % disent y être favorables, contre 41,6 % qui y sont opposés. Les autres n’ont pas d’opinion tranchée.

« Clairement, les gens sont divisés et ça peut encore changer », affirme M. Turcotte.

Le maire de Mont-Royal, Philippe Roy, n’est pas complètement fermé à l’idée d’un référendum, mais il croit que toute discussion à ce sujet est prématurée, puisque les consultations publiques sont encore en cours. « On verra plus tard en juillet », dit-il.

Il se questionne aussi sur la validité du sondage, qui posait plusieurs questions sur les risques de désagréments potentiels que pourrait causer l’arrivée de milliers de nouveaux résidants. « J’ai vu les questions et elles ne nous apparaissaient ni neutres ni objectives. Des citoyens m’ont appelé pour se plaindre de l’approche partiale du sondage », dit-il.

La Ville a commandé son propre sondage à la firme Léger Marketing pour avoir un autre son de cloche.

Questionner différemment

Andrew Lutfy, promoteur du Royalmount, partage l’avis du maire. « Le sondage ne semble pas neutre. On aurait pu poser les questions autrement », croit-il.

Il note ainsi qu’on aurait aussi pu questionner les résidants sur certains des avantages qu’ils entreverraient avec l’arrivée de milliers de nouveaux logements, à l’heure où les prix élevés des propriétés font constamment la manchette.

« Nous croyons que notre projet permet d’augmenter l’offre de logements. Et si l’offre augmente, les prix vont baisser. Par exemple, il y a des personnes retraitées qui vont vendre leur maison pour venir habiter au Royalmount et ça va faire beaucoup de propriétés disponibles sur le marché », souligne-t-il.