Me Géhane Kamel, coroner qui mène les audiences publiques sur la mort de Joyce Echaquan, fera mardi « une mise au point » quant à ses propos qui ont fait sourciller cette semaine. 

Mis à jour le 22 mai 2021
Louise Leduc
Louise Leduc La Presse

C’est ce qu’a annoncé par communiqué en fin d’après-midi vendredi MPascale Descary, coroner en chef du Québec.

Elle souligne quant à elle qu’elle « prend acte des récentes réactions, qu’elles soient médiatiques ou citoyennes, au sujet de certains propos prononcés lors des audiences » de cette semaine par MKamel.

À la préposée aux bénéficiaires congédiée, MKamel avait lancé que ses explications n’étaient « pas crédibles ».

Après que la préposée eut expliqué qu’elle avait évoqué les enfants de Joyce Echaquan pour la pousser à se ressaisir, MKamel a demandé qu’on fasse jouer la vidéo. « Ça, vous pensez que c’est dit plein d’amour ? C’est plein de jugement ! »

Ce qu’on perçoit dans le ton de la préposée, ce n’est pas « ressaisis-toi », mais bien « t’as l’air d’une grosse vidange en train de se désorganiser », a poursuivi la coroner.

« C’est tout sauf de la bienveillance, a-t-elle ajouté. N’essayez pas de me convaincre, je ne vous crois pas ! »

En ouverture, le lendemain, la coroner a indiqué, avant le témoignage d’une infirmière, qu’elle serait peut-être « un peu plus vindicative » que la veille.

Déontologie des coroners

Ce manque de réserve a valu des critiques à Me Kamel, critiques rapportées par La Presse vendredi.

Le code de déontologie des coroners stipule qu’un coroner doit s’abstenir de tenir une enquête s’il manifeste de l’hostilité à l’égard d’une personne impliquée dans les circonstances du décès.

Dans le communiqué, la coroner en chef réitère « sa pleine confiance » en MKamel, « laquelle poursuivra ses travaux comme prévu à compter du 25 mai prochain au palais de justice de Trois-Rivières ».

« Pour respecter l’indépendance de la coroner Kamel, aucun autre commentaire ne sera émis par le Bureau du coroner. »

Joyce Echaquan, femme atikamekw de Manawan, est morte le 28 septembre 2020 après s’être filmée en direct sur Facebook. Dans la vidéo de son agonie, on entend le personnel de l’hôpital de Joliette la couvrir d’insultes racistes sans prendre acte du fait qu’elle se dit surmédicamentée.

La communauté atikamekw s’est plainte d’être l’objet depuis longtemps de discrimination à l’hôpital de Joliette, si bien que beaucoup de leurs membres ne veulent plus y être soignés.

À noter que les noms des membres du personnel de l’hôpital de Joliette impliqués dans cette affaire ne peuvent être révélés en vertu d’une ordonnance de non-publication.