Ottawa donnera plus de moyens à son chien de garde de la salubrité des aliments. L’Agence canadienne d’inspection des aliments (l’ACIA) verra son budget augmenter de 162 millions au cours des cinq prochaines années et de 40 millions par année par la suite.

Daphné Cameron Daphné Cameron
La Presse

Cet investissement représente une augmentation d’environ 5 % du budget annuel de cette agence, qui relève des ministères fédéraux de la Santé et de l’Agriculture.

La ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada, Marie-Claude Bibeau, en a fait l’annonce vendredi lors d’une entrevue téléphonique avec La Presse. Cette démarche s’inscrit dans la foulée de la signature et la ratification de plusieurs traités de libre-échange au cours des dernières années, explique-t-elle.

« Plus on signe des accords de libre-échange, plus on ouvre des opportunités pour nos entreprises. C’est cela, le but de l’exercice, mais pour que nos entreprises puissent exporter, surtout dans le domaine de l’alimentation, il faut qu’elles puissent obtenir des certificats d’exportation. Il faut que la qualité, la salubrité des produits soient garanties par le gouvernement », explique-t-elle.

Selon Ottawa, au cours des 11 premiers mois de 2020, les exportations canadiennes de produits agroalimentaires et de fruits de mer ont augmenté de 10,1 %, pour atteindre 67,5 milliards de dollars, dépassant le record de 67 milliards de dollars établi l’an dernier.

« Chaque fois qu’on ouvre de nouveaux marchés, ce n’est pas en signant l’accord de libre-échange que c’est une victoire, c’est quand nos producteurs exportateurs réussissent à vendre à l’étranger. On fait croître nos économies de cette façon-là. »

Les importations aussi

Il y a deux ans, le Canada a mis en œuvre le nouveau Règlement sur la salubrité des aliments, visant notamment à retirer plus rapidement de nos tablettes les aliments insalubres.

« Ça veut aussi dire plus de contrôle des importations donc plus d’entreprises qui doivent obtenir des permis d’importation. Il faut qu’on s’assure de la qualité de nos produits sur nos tablettes ici au Canada. Donc, plus de commerce international dans les deux sens, inévitablement, ça implique nécessairement plus de vérifications de ce qui rentre au pays », dit-elle.

Selon l’ACIA, le total des importations agroalimentaires canadiennes a atteint 53,9 milliards de dollars en 2019.

Une part de l’enveloppe annoncée aujourd’hui servira à hausser le nombre d’inspections réalisées.

Une autre part servira à moderniser les laboratoires qui œuvrent à dépister l’entrée de ravageurs, de maladies ou d’agents pathogènes qui pourraient voyager sur des plantes ou des animaux importés.