Alors que la Commission des libérations conditionnelles du Canada se prépare à étudier la libération sous surveillance du tueur en série Allan Legere, certains observateurs préviennent qu’il ne pourra jamais être réhabilité.

Michael Tutton
La Presse Canadienne

Le meurtrier, violeur et pyromane, qui aura 73 ans en février, doit participer à une audience de libération conditionnelle mercredi à Edmonton.

Surnommé le « monstre de Miramichi », Allan Legere s’était évadé le 3 mai 1989 et avait commis quatre meurtres violents, plusieurs incendies et une agression sexuelle avant d’être arrêté de nouveau le 24 novembre de la même année.

Selon la commission, Allan Legere, qui a été condamné à la prison à vie, est admissible à une semi-liberté depuis novembre 2012 et à une libération conditionnelle totale depuis novembre 2015.

En 2015, l’individu avait renoncé à son droit à une audience de libération conditionnelle qui avait été provisoirement prévue, après une campagne très médiatisée de lettres de la communauté s’opposant à sa libération.

Cependant, en vertu de la loi régissant la commission, les détenus ont le droit de demander un autre examen de leur dossier tous les deux ans après la date de leur premier examen de libération conditionnelle.

Les prisonniers comme Allan Legere qui ont été condamnés à la prison à perpétuité peuvent se voir refuser la libération conditionnelle par la commission et n’ont pas de date de libération obligatoire.

Le journaliste et auteur Rick MacLean, qui a écrit un livre sur le sujet, a déclaré que les souvenirs de la violence commise par Allan Legere sont comme des « tissus cicatriciels » sur la psyché de la communauté.

M. MacLean, qui était le rédacteur en chef du Miramichi Leader au moment des meurtres, a documenté comment les gens ont commencé à dormir avec des fusils sous leurs lits tandis que les meurtres se poursuivaient. L’écrivain a indiqué qu’après avoir écrit sur les meurtres et le procès, il a reçu des menaces de poursuites judiciaires d’Allan Legere.

« Est-ce que je crois que je suis en danger s’il peut se rapprocher de moi ? La réponse est : “Oui” », a affirmé M. MacLean en entrevue vendredi.

« Je ne me serais jamais attendu à ce qu’il y ait une sérieuse considération pour qu’il soit autorisé à sortir selon n’importe quel type de libération conditionnelle. Jamais. »

Le professeur de journalisme du Holland College de l’Île-du-Prince-Édouard a déclaré que ses recherches l’ont amené à conclure qu’Allan Legere fait partie d’un petit sous-ensemble de tueurs en série psychopathes qui peuvent construire des histoires afin de manipuler les autres pour faire croire qu’ils ont changé.

« Ce ne sont pas des gens qui s’améliorent. Ils peuvent rester dans l’attente pendant des années. S’il est physiquement capable de faire ce qu’il a fait en 1989, il le fera à nouveau. »

Dans une entrevue avec CTV l’année dernière, John Harris, un ancien directeur de la prison du Nouveau-Brunswick où Allan Legere était incarcéré, s’est souvenu d’avoir été stupéfait lorsque le meurtrier a admis qu’il l’avait observé depuis une zone boisée alors que le gestionnaire correctionnel jouait au golf.

« Il avait une liste de personnes à qui s’en prendre. Cette liste existe toujours quelque part, et il y a encore des noms dessus », a déclaré M. Harris à la chaîne de télévision.

« S’il devait sortir aujourd’hui et être en liberté, ces gens sauraient qui ils sont. »

Allan Legere a été initialement condamné à perpétuité pour le meurtre du propriétaire d’un dépanneur, John Glendenning, en juin 1986. Il avait été incarcéré à la prison à sécurité maximale de Renous, au Nouveau-Brunswick. Il s’est échappé lors d’une visite médicale à Moncton, défaisant ses chaînes et fuyant ses gardiens.

Allan Legere a réquisitionné un véhicule et a retrouvé son chemin vers Miramichi, se cachant dans les forêts et volant de la nourriture pour survivre tandis qu’une chasse à l’homme était en cours.

Pendant ses mois en liberté, il a tué Annie Flam, une propriétaire de magasin âgée ; Donna et Linda Daughney, deux sœurs d’âge moyen et le révérend James Smith, un prêtre catholique romain.

Il a été arrêté le 24 novembre 1989 après un épisode de vol de voiture raté qui a commencé à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, et qui s’est terminé à l’extérieur de Rogersville, où la police l’a arrêté dans la cabine d’un semi-remorque.