Une voiture. Des pneus, beaucoup de pneus. Des bicyclettes. Des clôtures. Et plein d’autres mauvaises surprises.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Voilà quelques-uns des débris que s’attendent à trouver les organisateurs d’une mégacorvée de nettoyage du Saint-Laurent à Lachine cette fin de semaine (demain et dimanche).

L’objectif : libérer le fleuve d’une tonne et demie de déchets.

Quinze plongeurs certifiés ont promis de venir ratisser le fond du fleuve. Une quinzaine de kayakistes sont aussi attendus pour le nettoyage en surface. Quelque 200 bénévoles ratisseront les berges. C’est là toute une offensive qui s’organise et qui a d’abord été révélée dans l’hebdo local Le Messager.

Des opérations de moindre envergure organisées l’an dernier et des plongées de repérage ces derniers temps ont donné aux organisateurs une bonne idée de ce qu’ils allaient trouver. Un drone a déjà été repêché, par exemple, de même qu’une boîte de perception d’autobus public.

« On trouve aussi des mégots de cigarette en grande quantité et on va encore en ramasser plein cette année, mais c’est sûr que si on arrive à sortir la voiture, ça nous rapprocherait plus vite et plus assurément de notre objectif de ramasser plus d’une tonne de débris ! », lance Jonathan Théorêt, directeur du Groupe de recommandations et d’actions pour un meilleur environnement (GRAME).

Les organisateurs assurent que la pêche aux gros morceaux se fera en toute sécurité. La Garde côtière sera sur place.

En toute sécurité

Les plongeurs seront encadrés par Nathalie Lasselin, exploratrice sous-marine et cinéaste qui a plongé aux quatre coins du monde (sauf en Antarctique, précise-t-elle) et qui connaît le fleuve à fond.

Cette Ch’ti d’origine (nom des habitants du nord de la France) qui a adopté le Québec, et tout particulièrement le Saint-Laurent, effectuera une plongée de 24 heures, qu’elle filmera.

Avec toute la sensibilisation qui est faite en environnement, comment des gens peuvent-ils encore prendre le fleuve et la nature en général pour une poubelle ?

Nathalie Lasselin se fait un peu rassurante. « On sort des débris – comme des pneus – qui ont été jetés là il y a souvent longtemps. Mais le drone qu’on a repéré récemment est un modèle d’il y a deux ou trois ans. »

« La personne qui jette encore délibérément quelque chose dans le fleuve, c’est plutôt rare et c’est jugé très sévèrement, enchaîne M. Théorêt. Mais le problème est souvent ailleurs. Les gens ferment souvent mal leur bac de recyclage. La paille se retrouve dans la cour d’école, un goéland passe, l’amène plus loin. Le vent fait le reste. »

Dépasser les berges

Si vraiment beaucoup de bénévoles répondent à l’appel, les organisateurs espèrent nettoyer beaucoup plus que les seules berges et aller faire maison nette dans le quartier environnant.

La grosse opération de la fin de semaine lance les activités de nettoyage du fleuve par le GRAME qui, d’ici un an, espère avoir libéré le fleuve de 10 tonnes de déchets.

Mais n’est-il pas surprenant que quelques kilomètres plus loin, à Verdun, une plage ait été ouverte ? Mme Lasselin met ici les choses en perspective. Il y a certes beaucoup de travail à faire encore pour nettoyer le fleuve et changer les mentalités, « mais personnellement, je plonge dans le fleuve partout, sauf après une grosse averse parce que Montréal n’a toujours pas la capacité de traiter toutes ses eaux usées après une pluie abondante ».