(Québec) Radio-Canada veut mettre fin à « l’époque où [les médias étaient] en concurrence les uns avec les autres ». Avec les géants numériques américains, « nous devons nous entraider pour leur faire face », estime le diffuseur public.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

« Les géants mondiaux […] ont fait tomber les barrières. Devant cette menace, nos concurrents d’hier doivent être nos alliés d’aujourd’hui », a dit jeudi Michel Bissonnette, vice-président principal des services français de Radio-Canada.  

De passage à Québec pour les auditions de la commission parlementaire sur l’avenir des médias, Radio-Canada a proposé d’être en collaboration avec ses concurrents, notamment sur le plan journalistique, alors que les reportages d’enquête sont coûteux à produire.  

La société d’État ne souhaite pas toucher à un futur programme d’aide qui proviendrait du gouvernement du Québec. Elle y est toutefois favorable, à condition que les entreprises qui en bénéficient assurent une indépendance totale à leur salle de rédaction.  

« Il faut mettre de côté nos vieilles façons de penser. Il faut être créatifs, solidaires », a aussi dit M. Bissonnette.  

Selon lui, la diversité de la presse est aujourd’hui « menacée ». Le patron de presse a rappelé aux élus leur rôle, qui est selon lui d’assurer une plus grande diversité des médias d’information, et non pas une plus grande concentration.

« Plus il y a de journalistes et d’entreprises de presse, plus il y aura une variété de points de vue », a dit M. Bissonnette.  

« Si un seul journaliste couvre un conseil municipal, on appauvrit la presse locale », notamment dans la diversité du traitement de l’information, a ajouté la directrice de l’information de Radio-Canada, Luce Julien.