Les avocats de deux (des sept) sans-papiers qui avaient caché le lanceur d’alerte américain Edward Snowden en 2013 à Hong Kong et qui ont obtenu l’asile au Canada demandent à ce que le reste de leurs familles soient elles aussi accueillies.   

manon louvet
La Presse

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Edward Snowden

Depuis le 25 mars, la petite Keana vit sans son père, son demi-frère et sa demie-sœur : « Je ne peux pas imaginer ma fille grandir sans son père » a déclaré Vanessa Rodel hier matin lors de la conférence de presse de Robert Tibbo et Guillaume Cliche-Rivard.

L’association « For the Refugees » (Pour les Réfugiés) qui a permis l’asile de cette mère philippine et de sa fille a ajouté vendredi dernier un « volet humanitaire » et de « réunification familiale » à la demande de statut de réfugié des membres de la famille toujours bloqués à Hong Kong. « Il y a un volet humanitaire important ici », a soutenu Guillaume Cliche-Rivard, l’un des avocats en droit de l’immigration des sept sans-papiers qui ont aidé Snowden lors de sa cavale.

Depuis que Vanessa Rodel et sa fille de sept ans, Keana, sont arrivées, les demandes des autres membres de sa famille n’ont toujours pas été acceptées. Pour elles, le traitement avait duré 27 mois, soit deux fois plus de temps que pour un cas lambda.  

La semaine dernière, l’Allemagne a reconnu le statut de réfugié de deux anciens militants prodémocratie de Hong Kong recherchés par la justice de l’ancienne colonie britannique : Ray Wong et Alan Li. Une annonce qui n’a pas échappé aux oreilles des avocats : « Le fait que l’Allemagne a accordé le statut de réfugié à ces gens-là démontre que Hong Kong est un persécuteur au sens de la Convention »,  a déclaré Guillaume Cliche-Rivard.

Les « anges gardiens de Snowden »

Ces sept sans-papiers d’origines philippines et sri-lankaises avaient dû fuir leurs pays. Réfugiés à Hong Kong, ils ont hébergé et caché Edward Snowden en 2013, là où il était l’un des hommes les plus recherchés.

Accusé de haute trahison aux États-Unis suite au scandale des programmes de surveillance de la NSA, c’est l’avocat canadien Robert Tibbo qui avait eu l’idée de cacher Edward Snowden chez ces familles.

À l’époque, elles étaient elles aussi ses clientes. Refusant de collaborer lorsque les autorités ont découvert l’existence de ceux que l’on surnomme aujourd’hui « les anges gardiens de Snowden », Vanessa Rodel s’est vue privée d’aide sociale et l’accès à l’école de sa fille lui avait été retiré. Guillaume Cliche-Rivard : « Hong Kong est un persécuteur. »