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Le conflit en quatre questions

Des secouristes prêtent main-forte à des prisonniers blessés... (Photo: AP)

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Des secouristes prêtent main-forte à des prisonniers blessés après le bombardement d'un complexe abritant les bureaux du gouvernement et des forces de sécurité ainsi qu'un centre de détention, à Gaza.

Photo: AP

Afin de comprendre les causes du plus récent chapitre de la crise israélo-palestinienne, La Presse s'est entretenue avec Rex Brynen, spécialiste du Moyen-Orient et professeur de sciences politiques à l'Université McGill.

Q: La bande de Gaza a été le théâtre des attaques les plus meurtrières en territoire palestinien depuis des décennies. Pourquoi Israël a-t-il frappé si fort?

 

R: Israël tente de faire basculer en sa faveur l'équation stratégique qu'il entretient avec le Hamas. Le gouvernement est clairement mécontent de la reprise des attaques à la roquette depuis l'expiration du cessez-le-feu, le 19 décembre. Mais en plus de riposter à ces agressions, l'État hébreu souhaite affaiblir la structure militaire du Hamas tout en lui rappelant la force de ses propres capacités guerrières. Tout cela dans le but d'imposer une nouvelle accalmie à ses conditions. Les élections prévues dans quelques semaines sont également un facteur déterminant. Le ministre israélien de la défense, Ehoud Barak, et la nouvelle chef du parti politique Kadima, Tzipi Livni, ne veulent pas projeter une image de faiblesse en temps de campagne électorale. Ils auraient été éreintés par l'opposition s'ils n'avaient pas répliqué aux attaques.

Q: Peut-on s'attendre à une escalade des tensions dans les prochains jours?

R: Certainement. Je ne crois pas qu'Israël vise à réoccuper la bande de Gaza, mais il pourrait entreprendre une offensive terrestre pour cibler des installations du Hamas bien précises. La mobilisation de réservistes israéliens à la frontière démontre qu'Israël est prêt à régir, et si le Hamas lançait des commandos suicide ou une roquette sur une école, par exemple, les tensions pourraient s'accroître très rapidement. De plus, je pense que le Hamas ne veut pas perdre la face et se montrer intimidé face aux menaces d'Israël. Il y aura sans doute plusieurs voix à l'intérieur du mouvement qui vont lancer un appel aux représailles contre l'État hébreu.

Q: Pourquoi le Hamas a-t-il refusé de renouveler le cessez-le-feu?

R: Le Hamas soutient que les Israéliens ont eux-mêmes violé le cessez-le-feu en imposant un siège sur Gaza. Depuis plusieurs mois, ils empêchent les vivres d'entrer sur le territoire. Essentiellement, je crois que le Hamas a permis la reprise des tirs de roquettes pour indiquer à Israël qu'il veut renégocier les termes du cessez-le-feu afin de rouvrir les frontières. Le Hamas a toutefois calculé à tort que les israéliens n'étaient pas sérieux dans leurs menaces de riposte, notamment en raison de la campagne électorale.

Q: À quoi ressemble le quotidien dans la bande de Gaza?

R: La situation à Gaza est terrible! Pratiquement toutes les usines ont fermé, le taux de chômage est très élevé et les pénuries alimentaires sont fréquentes. La plupart des vivres entrent à Gaza par des tunnels clandestins. Imaginez un territoire qui a approximativement la moitié de la superficie de la ville de Montréal et qui doit être alimenté par des tunnels de trois pieds sur trois... Les Nations unies signalaient avant même le début de cette crise le fait que la nourriture n'était plus distribuée et que les enfants souffraient de malnutrition. C'est ça, Gaza.

 




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