Les Québécois éliront un nouveau gouvernement le 1er octobre prochain. D'ici là, La Presse a voulu sonder l'état d'esprit des électeurs. Nos journalistes et nos photographes ont été à leur rencontre dans 100 villes différentes dans toutes les régions du Québec. Découvrez ce que les électeurs ont à dire.

Gabriel Béland LA PRESSE

QU'EST-CE QUI VOUS PRÉOCCUPE EN CE MOMENT ?

Quand je suis arrivée ici, en 1996, j'ai senti une grande empathie, une compréhension de l'autre, peut-être parce que les Québécois avaient eux aussi été opprimés. J'ai senti, ici, la capacité de pouvoir vivre qui on est, sans se sentir rejeté. Mais quand je suis revenue pour vivre en 2006, malheureusement, j'ai trouvé que les choses avaient changé très vite. Il y a un racisme, pas de tout le monde, mais de certains. Ce que je ne sentais pas avant.

QUELLE EST LA DERNIÈRE CHOSE QUI VOUS A MISE DE BONNE HUMEUR ?

Quand on a balayé la fameuse Charte des valeurs québécoises. Ça m'a donné un bol d'air, je me suis réconciliée avec le peuple québécois. Je me suis dit que ce que je croyais au plus profond de moi sur ce peuple était vrai.

QUELLE EST LA DERNIÈRE CHOSE QUI VOUS A MISE EN COLÈRE ?

Quand La Meute s'est organisée pour qu'il y ait un référendum sur le cimetière musulman à Saint-Apollinaire. Mais qu'est-ce que ces morts vont bien leur faire ? Ça, ça m'a foutue en colère.

QUELLE EST LA DERNIÈRE PERSONNALITÉ PUBLIQUE DONT LA MORT VOUS A ÉMU ?

Jean-Paul L'Allier [ancien maire de Québec]. Encore aujourd'hui, je n'arrive pas à croire qu'il nous a quittés. Il faisait partie intégrante de la ville de Québec. Si Québec ne s'appelait pas Québec, moi, je l'aurais appelée L'Allier ! Parce qu'il a laissé un héritage extraordinaire à cette ville et je pense que ce n'est pas assez reconnu.

SI VOUS POUVIEZ ET VOULIEZ VIVRE DANS UNE AUTRE VILLE DU QUÉBEC, LAQUELLE SERAIT-CE, ET POURQUOI ?

Ah non, ce ne serait jamais ailleurs qu'ici. Ce sera toujours Québec.

SI VOUS POUVIEZ CHANGER UNE SEULE CHOSE DANS VOTRE CIRCONSCRIPTION, QU'EST-CE QUE CE SERAIT ?

Sincèrement, je ne vois pas. J'ai choisi le lieu où je voulais être. J'y suis et j'y suis bien.

SI VOUS POUVIEZ CHANGER UNE SEULE CHOSE AU QUÉBEC, QU'EST-CE QUE CE SERAIT ?

Faire en sorte que l'on arrête toute cette cabale en ce qui concerne les musulmans. Arrêtez de nous rebattre les oreilles avec la France. On ne peut pas copier la politique française et la coller sur ce pays-ci. Ça ne marchera jamais. Ça ne fera qu'apporter des fractures sociales qui n'existaient pas. Ça, c'est un problème qu'il faut régler. De mettre un foulard, ça ne veut pas dire que ces gens veulent imposer leur religion.

QUEL EST LE DERNIER CONTENU QUE VOUS AVEZ PARTAGÉ SUR FACEBOOK ?

Non, les réseaux sociaux, ce n'est pas mon truc !

OÙ VOUS VOYEZ-VOUS DANS CINQ ANS ?

Je suppose toujours ici en continuant mes voyages et les choses que j'aime faire. Je me suis battue pour avoir un cimetière. Moi, j'ai choisi ce pays, j'ai décidé de revenir ici à la retraite. Je suis revenue ici parce que je me suis trouvée bien ici. Si je meurs ici, qu'on ne s'avise surtout pas de ramener mon corps au Sénégal.

QU'EST-CE QUE C'EST, POUR VOUS, ÊTRE QUÉBÉCOIS ?

C'est d'abord accepter cette pluralité. C'est accepter que nous sommes tous venus d'ailleurs. C'est accepter que les peuples autochtones devraient avoir une meilleure visibilité. C'est de faire en sorte que nous puissions nous comprendre les uns les autres. La tolérance, l'acceptation de l'autre, c'est ce que j'ai retrouvé ici qui a fait que je me suis sentie ici chez moi.

FAITES UN VOEU...

Que l'on retrouve la sérénité, la paix et l'amitié entre humains.

QUE FERIEZ-VOUS SI VOUS GAGNIEZ UNE SOMME IMPORTANTE ?

Je créerais une maison des cultures, où viendraient dialoguer tous les éléments de cette nation qu'est la nation québécoise, tous les apports culturels.

DANS VOTRE VIE, CES CINQ OBJETS SONT-ILS POSITIFS OU NÉGATIFS ?

Téléphone

Mitigé.

Ordinateur

Positif.

Carte de crédit

Mitigé.

Télévision

Mitigé.

Bouteille de bière ou de vin

Négatif.

VOUS DEVENEZ PREMIER MINISTRE DEMAIN. QUELLE EST LA PREMIÈRE PHRASE DE VOTRE PREMIER DISCOURS ?

Citoyennes, citoyens, Québécois, Québécoises, merci de m'avoir élue [rires]. Je ne sais pas. Je n'ai jamais essayé d'être en politique même dans mon propre pays, à plus forte raison ici. Je n'ai pas envie d'être dans la politique.

Photo David Boily, La Presse

Ndèye Marie Fall, 75 ans, Québec (Saint-Sacrement)

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