La voie vers un cinquième titre et la reconquête de la première place mondiale est libre pour Rafael Nadal, vainqueur en quarts de finale de Roland-Garros de Nicolas Almagro, mais surtout débarrassé coup sur coup de ses deux plus dangereux rivaux, Roger Federer et Novak Djokovic.

La défaite du Serbe mercredi face à l'étonnant Autrichien Juergen Melzer, en cinq sets 3-6, 2-6, 6-2, 7-6 (7/3), 6-4, fait figure de simple réplique par rapport au séisme de la veille, car le troisième joueur mondial n'avait pas été très impressionnant pendant la préparation.

Gêné par une allergie respiratoire due au pollen, il n'avait pas joué en compétition depuis trois semaines lorsqu'il a débarqué à Paris sur la pointe des pieds, au point qu'on avait souvent oublié de le citer parmi les favoris.

Mais Djokovic avait rassuré lors de la première semaine et personne ne le voyait se faire battre par le 27e joueur mondial, surtout pas quand il fit le bris d'entrée au troisième set après avoir gagné les deux premiers.

Mais Melzer ne s'est jamais découragé, malgré un nombre incroyable d'occasions gâchées (4 balles de bris converties sur un total de 24). La plus belle d'entre elles, il allait la manquer tout à la fin de son héroïque remontée, sur sa première balle de match: une volée à la portée d'un joueur du dimanche envoyée dans le filet.

Le gaucher de Vienne a alors eu le grand mérite de se ressaisir mentalement dans une situation où l'outsider ne supporte généralement pas d'être passé si près du plus grand moment de sa vie sportive.

À sa troisième occasion, il devenait, à 29 ans, l'improbable successeur de Thomas Muster, dernier Autrichien à avoir atteint les demi-finales à Paris il y a quinze ans.

Le champion de l'édition 1995 était d'ailleurs présent à Roland-Garros. On l'a même vu jouer sur le Central contre Almagro, qui avait choisi son coup droit de gaucher façon bûcheron pour s'acclimater à celui de Nadal.

Cela n'a pas suffi au Murcien pour battre enfin le roi de la terre battue après six échecs. Mais Nadal a dû batailler pendant trois sets serrés 7-6, 7-6, 6-4 dans un match complètement différent de la leçon de tennis qu'il avait infligé il y a deux ans au même adversaire au même endroit (trois fois 6-1).

Tout en jouant un tennis solide, le Majorquin n'a pas outrageusement dominé du fond du court et c'est surtout grâce à l'énorme ascendant psychologique qu'il possède sur tous ses compatriotes après les avoir battus 68 fois en 78 matches qu'il a fait la décision dans les deux bris d'égalité gagnés 7/2 et 7/3.





Photo: AFP

Juergen Melzer