La France bat l'Allemagne et rejoint le Portugal en finale

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La France a remporté le choc face à l'Allemagne 2-0.

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Keyvan NARAGHI
Agence France-Presse
Marseille

Un immense exploit: portée par un Antoine Griezmann de gala et auteur d'un doublé, l'équipe de France a réussi la prouesse de terrasser les champions du monde allemands (2-0), jeudi à Marseille, s'ouvrant ainsi les portes de la finale de l'Euro-2016 où elle défiera le Portugal de Cristiano Ronaldo, dimanche au Stade de France.

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L'attaquant français Antoine Griezmann (à gauche) a déjoué le gardien allemand Manuel Neuer (à droite) sur un pénalty juste avant la mi-temps.

Photo Pascal Guyot, AFP

Les Bleus n'avaient plus été à pareille fête depuis le Mondial-2006, ultime épopée de la génération Zidane. C'est dire la portée symbolique et historique de l'énorme performance réalisée par les troupes de Didier Deschamps dans un stade Vélodrome chaud bouillant.

«C'est beaucoup de joie, de bonheur pour les joueurs parce qu'ils le méritent, ils ont joué une grande équipe, a commenté Deschamps sur BeIn Sport. Avant de venir au stade on a vu des gens en folie, ils vont l'être encore plus dimanche».

On reparlera toujours de Séville 1982 et de cette demi-finale de Coupe du monde dramatique perdue par Michel Platini et sa bande contre leur vieux rival il y a 34 ans. Mais Griezmann, plus que jamais meilleur buteur de la compétition avec six réalisations, a vengé ces grands anciens et s'est installé pour de bon dans la légende du football français.

Une page s'est clairement tournée dans la relation tumultueuse entre les deux pays et il n'y aura sans doute plus ce complexe psychologique qui a longtemps bloqué les Bleus face à leur meilleur ennemi. Les voilà désormais à une marche du Graal et d'une consécration continentale, dans la lignée des titres européen (1984) et mondial (1998) glanés à la maison.

Dans la cour des grands

On pourrait parler de miracle au vu de la prestation d'ensemble du pays-hôte, ballotté comme jamais par des Allemands survoltés et bien décidés à s'offrir un doublé Coupe du monde-Championnat d'Europe. Mais les Français semblent portés par une dynamique et un élan populaire qui leur ont permis de renverser la montagne allemande pour s'octroyer une place de choix dans la cour des grands d'Europe. Et ils ont en Griezmann un joueur de classe internationale, promu sauveur de la nation en cet été 2016.

Jusqu'ici, les adversaires proposés aux locaux étaient de rang modeste et l'Allemagne s'avançait comme le juge de paix de cette formation de bric et de broc, remodelée à la hâte juste avant le début de la compétition en raison des blessures et des affaires extrasportives. Il manque dans ce groupe cinq titulaires du quart de finale du Mondial-2014 perdu 1-0 contre la Nationalmannschaft (Varane, Sakho, Debuchy, Valbuena, Benzema) et cela s'est vu à Marseille.

Mais la France a sorti ses tripes et tout son coeur pour continuer à rêver d'un sacre sur son sol et comme depuis le début du tournoi elle a pu compter sur un Griezmann en furie.

Le joueur de l'Atletico Madrid a été le bleu plus remuant, se créant d'emblée une énorme occasion (6e), alors que ses coéquipiers avaient le plus grand mal à aligner trois passes, tels des enfants perdus sur un terrain trop grand pour eux.

Duel Griezmann-Ronaldo pour le Ballon d'Or Son premier but sur penalty (45e»2), après une main incompréhensible de l'emblématique Bastian Schweinsteiger dans sa surface, a récompensé son activité et sonne comme une belle revanche après la déception de la finale de la Ligue des champions où il avait raté le même geste avant de s'incliner contre le Real Madrid aux tirs au but.

«Ce penalty, ce n'était pas évident, surtout après celui manqué en Ligue des Champions, a commenté le héros de la soirée sur TF1. Mais heureusement ça s'est mieux terminé cette fois, et tant mieux !»

Le deuxième est un pur but de renard des surfaces à la suite d'un magnifique numéro de Paul Pogba et d'une sortie hasardeuse du Manuel Neuer (72e). Dimanche au SDF, c'est un duel pour le Ballon d'Or qui mettra aux prises «Grizou» à Ronaldo.

Mais Griezmann n'a pas voulu tirer la couverture à lui: «Ce résultat, c'est la récompense pour tout le travail effectué par le groupe, le staff, les kinés, tous ceux qui n'ont pas joué mais qui ont fait en sorte de nous mettre dans les meilleures conditions».

L'Allemagne, privée de trois éléments majeurs (Hummels suspendu, Khedira et Gomez blessés), est aussi tombée sur un grand Hugo Lloris, qui a sorti les parades qu'il fallait sur des tentatives d'Emre Can (14e), de Schweinsteiger (27e) et de Joshua Kimmich (90e»2) et a été sauvé par sa barre transversale sur un tir de ce dernier (74e).

Il était écrit que rien ne pouvait arriver aux Bleus en cette soirée de fournaise à Marseille. Il reste une dernière page à écrire dimanche pour que l'Histoire soit parfaite.

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