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La justice américaine sort le carton rouge contre la FIFA

La ministre américaine de la Justice, Loretta Lynch,... (Photo Don Emmert, AFP)

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La ministre américaine de la Justice, Loretta Lynch, a accusé les responsables et partenaires de la FIFA inculpés d'avoir «corrompu les affaires du soccer mondial pour servir leurs intérêts et pour s'enrichir personnellement».

Photo Don Emmert, AFP

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Brigitte Dusseau
Agence France-Presse
New York

Blanchiment, comptes cachés, millions de dollars de pots-de-vin: la justice américaine a dressé mercredi un état des lieux accablant d'une corruption selon elle «endémique» au sein de la FIFA, en annonçant 14 inculpations à New York et réclamant plusieurs extraditions.

«C'est la coupe du monde de la fraude. Aujourd'hui, nous avons sorti le carton rouge», a déclaré un responsable du fisc américain Richard (bien Richard) Weber.

Les 47 chefs d'inculpation retenus contre neuf responsables de la FIFA, dont deux vice-présidents, et contre cinq partenaires, les accusent de complot de «racket, fraude et blanchiment», sur une période de 25 ans, durant laquelle ces responsables du football mondial auraient «sollicité et reçu plus de 150 millions de dollars en pots-de-vin et rétrocommissions» en échange notamment des droits médiatiques et marketing pour les tournois internationaux de football.

Sept de ces responsables ont été arrêtés à l'aube à Zurich, où se trouve le siège de la FIFA, et la ministre américaine de la Justice Loretta Lynch, a précisé que la prochaine étape serait d'obtenir leur extradition.

Elle a accusé les personnes poursuivies d'avoir «corrompu les affaires du football mondial pour servir leurs intérêts et pour s'enrichir personnellement». Elle a évoqué une «corruption endémique, générale et profondément enracinée, à l'étranger et ici aux États-Unis».

Même pour le Mondial-2010 en Afrique du Sud, «cet événement historique, des dirigeants de la FIFA et d'autres ont corrompu le processus en utilisant des pots-de-vin pour influencer la décision d'attribuer» le tournoi pour la première fois à un pays africain, a-t-elle dit. Selon l'acte d'accusation, l'Afrique du Sud aurait versé plus de 10 millions de dollars pour l'obtenir.

Enveloppes d'argent

L'acte d'accusation contre les 14 inculpés fait 164 pages.

Il raconte des entreprises-écrans, des paradis fiscaux, des comptes cachés à l'étranger, des enveloppes d'argent, l'achat d'un appartement à Miami, d'oeuvres d'art, et l'utilisation de services de consultants «pour créer une apparence de légitimité pour des paiements illicites».

Des dizaines de millions de dollars ont été retrouvés dans des comptes à Hong Kong, aux îles Caïman ou en Suisse, a précisé M. Weber.

Le FBI a aussi perquisitionné mercredi le siège de la Confédération d'Amérique du Nord, centrale et Caraïbes (Concacaf) à Miami.

Ces inculpations «ne sont que le début, pas la fin de notre effort», a déclaré le procureur de Brooklyn par intérim Kelly Currie.

Les autorités américaines n'ont pas voulu dire si d'autres inculpations étaient à attendre. Elles ont également refusé de répondre à toutes les questions sur le président de la FIFA, Sepp Blatter, qui doit briguer vendredi un cinquième mandat à la tête de la surpuissante et richissime institution.

Plusieurs années d'enquête

L'enquête américaine, qui a duré plusieurs années, a aussi établi que l'édition 2016 du centenaire de la Copa America, prévue aux États-Unis, avait «servi à remplir les poches des responsables, pour un total de 110 millions de dollars. Presque un tiers du coût légitime des droits des tournois concernés», a précisé Mme Lynch.

Cinq des sept responsables arrêtés en Suisse sont latino-américains.

Six de ces sept responsables ont fait savoir qu'ils refuseraient l'extradition. Ils risquent jusqu'à 20 ans de prison.

«Tous ces accusés ont abusé du système financier américain et violé la loi américaine, et nous avons l'intention de les tenir pour responsables», a ajouté la ministre.

Selon Mme Lynch, la corruption et les pots-de-vin ont également marqué l'élection présidentielle de la FIFA en 2011, et «des accords concernant le parrainage de l'équipe nationale de football du Brésil par une grande entreprise d'équipement sportif américaine».

Dix autres personnes ont plaidé coupables dans ce dossier entre juillet 2013 et mai 2015, ont annoncé les autorités. Parmi elles, Charles Blazer, ancien secrétaire général de la Concacaf et ancien membre du comité exécutif de la FIFA, et deux fils de Jack Warner, ancien vice-président de la FIFA et ex-président de la Concacaf, qui fait partie des inculpés et est présenté comme un acteur clé. Il se serait rendu aux autorités à Trinidad et Tobaggo.

Charles Blazer avait en 19 ans accumulé plus de 11 millions de dollars qu'il n'avait pas déclarés au fisc, selon M. Weber.

Les responsables inculpés à New York sont Jeffrey Webb, vice-président de la FIFA et président de la Concacaf; Eduardo Li, membre des comités exécutifs de la FIFA et de la Concacaf; Julio Rocha, chargé du développement à la FIFA; Costas Takkas, attaché au cabinet du président de la Concacaf; Eugenio Figueredo, actuel vice-président de la FIFA; Rafael Esquivel, membre du comité exécutif de la Conmebol; José Maria Marin, membre du comité d'organisation de la FIFA pour les jeux Olympiques; Nicolas Leoz, ancien membre du comité exécutif de la FIFA, ainsi que Jack Warner.

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