Un rince-bouche pour contrer la gonorrhée?

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Agence France-Presse
Paris

Un bain de bouche quotidien, avec un produit plus que centenaire, pourrait aider à lutter contre la propagation d'une infection transmissible sexuellement (ITS), la gonorrhée, suggère une étude publiée mardi.

L'infection se transmet lors de rapports non protégés par voie orale, anale ou vaginale.

Dès 1879, avant l'arrivée des antibiotiques, le fabricant du rince-bouche Listerine assurait que son produit pourrait guérir de la gonorrhée ou blennorragie. Mais aucune étude testant cette possibilité n'avait été publiée.

D'où l'étude de chercheurs australiens sur ses propriétés antiseptiques, parue dans la revue spécialisée Sexually Transmitted Infections.

Ce travail a consisté à voir si des solutions de Listerine, qui contiennent 21,6 % d'alcool, pouvaient freiner, en laboratoire, la croissance de cultures de la bactérie Neisseria gonorrhoeae, responsable de cette ITS, et à la tester chez des hommes homosexuels ou bisexuels dans une clinique de santé sexuelle à Melbourne, entre mai 2015 et février 2016.

Ce bain de bouche a tué des bactéries de la gonorrhée dans des boîtes de Petri en laboratoire, en réduisant «significativement» leur nombre. De plus, ceux qui l'avaient utilisé avaient nettement moins de ces bactéries (N. gonorrhoeae) dans la gorge cinq minutes après le gargarisme que ceux qui s'étaient servi d'une solution d'eau salée.

«Le rince-bouche Listerine est un agent bon marché, facile à utiliser et efficace qui inhibe la croissance de la gonorrhée» et mérite une «étude plus approfondie», écrivent le Dr Eric Chow, du centre de santé sexuelle de Carlton à Melbourne, et ses collègues.

Selon un site de Johnson & Johnson, le groupe qui possède aujourd'hui la marque, la formule a été inventée comme désinfectant chirurgical et tire son nom du chirurgien anglais Joseph Lister, pionnier de l'antisepsie en salle d'opération.

Le produit a été vendu plus tard pour nettoyer les sols et comme remède à la gonorrhée, d'après le livre de 2005, Freakonomics. Il devient un succès commercial à partir des années 1920 comme solution contre la mauvaise haleine.




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