Quand le robot réussit mieux qu'un chirurgien

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Les robots vont remplacer les chirurgiens d'ici quelques années pour les interventions mineures, comme le prédit la science-fiction depuis belle lurette. C'est du moins ce qu'avançaient hier, dans la prestigieuse revue Science Translational Medicine, des ingénieurs et des chirurgiens américains.

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Selon une étude parue dans la prestigieuse revue Science Translational Medicine, le chirurgien pédiatrique Peter Kim affirme que le robot utilisé Children’s National Health System à Washington « fait moins d’erreurs qu’un humain pour une intervention de chirurgie mineure de l’intestin » et que « ses points de suture sont de meilleure qualité ».

Photo Chris Garlington, Archives The New York Times

« Notre robot fait moins d'erreurs qu'un humain pour une intervention de chirurgie mineure de l'intestin et ses points de suture sont de meilleure qualité », affirme Peter Kim, l'auteur principal de l'étude, qui est chirurgien pédiatrique au Children's National Health System à Washington.

« Avec la précision et la constance des robots, nous allons pouvoir réduire les taux de complications, qui atteignent 30 à 40 % pour certaines opérations, et nous assurer que les meilleures techniques soient appliquées dans tous les hôpitaux. »

Les chercheurs ont modifié un robot normalement utilisé pour assister les chirurgiens, notamment avec un nouveau système de vision 3D, pour coudre ensemble deux portions d'intestin de porc en laboratoire. Ils ont aussi testé leur robot chez un porc vivant, en salle d'opération, toujours pour recoudre un intestin.

Dans les deux environnements, la durée de l'opération était comparable à celle d'une laparoscopie (minimalement invasive) faite par un humain ou par un humain assisté d'un robot, mais plus longue que celle d'une intervention traditionnelle (à ventre ouvert).

3 à 10 fois
Augmentation du risque de mortalité en cas de complications inattendues durant une intervention mineure

Dans tous les cas, les points de suture étaient mieux espacés et l'intestin recousu résistait mieux à la pression.

La Presse a demandé son avis à Christian Boukaram, oncologue à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont. « J'ai utilisé la robotique pour la radiochirurgie [CyberKnife], a répondu le Dr Boukaram. Le robot permet d'améliorer la précision des traitements de radiothérapie. Je trouve que les robots, s'ils passent tous les tests de validation requis, peuvent aider les médecins dans certaines tâches, afin d'améliorer les résultats et de permettre aux médecins de consacrer plus de temps à des choses plus utiles, innover, faire de la recherche.

« Bien sûr, le flair clinique est irremplaçable, nuance-t-il. Et aucun robot ne pourra jamais rejoindre l'humain dans sa manière de prodiguer des soins "humains". »

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Cela fait près de 20 ans que le Dr Kim, qui a grandi et fait sa médecine à Montréal, travaille sur les robots chirurgiens. Et il pense qu'il faudra encore quelques tests de ce genre avant que les autorités réglementaires (FDA, Santé Canada) acceptent de se pencher sur le dossier.

« Notre robot était autonome à 60 % et, pour le reste, il s'agissait de modifications mineures, surtout positionner le fil, dit le Dr Kim. Nous ne voulions pas de toute façon laisser notre bébé sans supervision, tout comme un parent se tient près de son enfant qui apprend à marcher.

« C'est tout de même une grande avancée : c'est la première fois qu'un robot peut faire de manière autonome une intervention chirurgicale sur des tissus mous, poursuit le Dr Kim. Il y en a pour le remplacement du genou, par exemple, mais jusqu'à maintenant l'instabilité des tissus mous était trop grande pour les robots. »

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