Percée québécoise en C. difficile

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Le Québec est probablement l'épicentre du problème de C. difficile, pour des raisons inconnues, selon le Dr Yves Longtin de l'Hôpital général juif de Montréal.

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Il est possible de réduire de moitié le nombre d'infections à la bactérie Clostridium difficile en testant tous les patients dès leur admission à l'hôpital, selon une nouvelle étude québécoise.

« Jusqu'à tout récemment, il n'était pas possible de détecter C. difficile chez des patients asymptomatiques », explique l'auteur principal de l'étude publiée dans la revue JAMA Internal Medicine, Yves Longtin de l'Hôpital général juif de Montréal. « Mais avec un nouveau test offert depuis quelques années, on peut. Et certaines études ont montré que les patients asymptomatiques peuvent transmettre la bactérie. »

Pendant un an et demi, tous les patients admis aux urgences de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie ont subi un test de C. difficile. Il s'agit d'un test sur de la matière fécale recueillie avec un coton-tige, un type de prélèvement déjà utilisé pour d'autres bactéries causant des infections nosocomiales (à l'hôpital). Les patients ayant un test positif étaient isolés, tout comme le sont actuellement les patients malades à cause de C. difficile.

L'incidence des infections (les patients qui tombent malades) à cause de C. difficile est passée de 6,9 à 3,0 cas par 10 000 patients-jours. Près de 5 % des patients admis se sont révélés porteurs asymptomatiques, une proportion dix fois plus élevée que celle des patients qui tombent malades à cause d'une infection à la bactérie C. difficile contractée dans un hôpital.

« C'est un succès québécois. Le test a été développé au CHUL et nous avons pu bénéficier de la plus longue série de données au monde sur les infections nosocomiales à C. difficile. Nous avions 94 autres hôpitaux québécois comme groupe témoin. »

- Dr Yves Longtin

Le Québec est probablement l'épicentre du problème de C. difficile, pour des raisons inconnues, selon le Dr Longtin. L'apparition d'une souche plus virulente de cette bactérie, qui se transmet plus facilement et tue une proportion deux fois plus élevée des patients qui tombent malades, est survenue ici dès 2004. « Maintenant, l'épidémie est rendue en Europe de l'Est », dit le Dr Longtin. En Amérique du Nord, C. difficile a dépassé le staphylocoque doré au palmarès des infections nosocomiales les plus fréquentes.

Si d'autres essais confirment ces résultats, le test sera probablement adopté par tous les hôpitaux, malgré son coût (20 $), parce que les soins aux malades infectés par C. difficile sont très dispendieux. « Ce n'est même pas une question de qualité de soins, on épargne de l'argent », dit le Dr Longtin. Un commentaire accompagnant l'étude dans la JAMA Internal Medicine qualifie cette approche de « prometteuse ».




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