Les nombreuses variations du virus Zika expliqueraient l'épidémie

Le virus Zika a connu de nombreux changements depuis sa détection en 1947 en... (Photo Marvin Recinos, Archives AFP)

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Le virus Zika a connu de nombreux changements depuis sa détection en 1947 en Ouganda et les importantes variations de la souche asiatique du virus à l'origine de l'épidémie actuelle en Amérique du Sud expliqueraient son ampleur, révèle une étude américano-chinoise publiée vendredi.

«Nous pensons que ces changements pourraient, tout au moins partiellement, expliquer pourquoi le virus a montré une capacité à se propager de façon exponentielle dans la population humaine en Amérique latine», a expliqué Genhong Cheng, professeur de microbiologie à l'Université de Californie à Los Angeles, le principal auteur de ces travaux.

«Ces variations pourraient permettre au virus une réplication plus efficace en envahissant de nouveaux tissus qui le protègent ou lui permettent d'échapper au système immunitaire», suppute-t-il.

Cette étude publiée dans la revue Cell Host and Microbe repose sur une analyse génétique de quarante souches, dont 30 isolées chez des humains, dix dans des moustiques et une chez un singe.

Ces nouvelles informations génétiques vont probablement être utiles aux virologues pour déterminer comment un agent pathogène relativement inconnu a pu provoquer l'épidémie actuelle en Amérique latine, surtout au Brésil où plus d'un million et demi de cas ont été dénombrés depuis le début de cette flambée au printemps 2015.

Toutes les souches contemporaines du virus Zika trouvées chez des humains partagent davantage une séquence génétique similaire à celle de Malaisie de 1966, qu'à celle du Nigeria de 1968.

Et toutes les souches du virus Zika identifiées chez des humains dans l'épidémie actuelle (2015-2016) paraissent être plus apparentées au génotype de Polynésie française de 2013 qu'à celui de Micronésie de 2007, ce qui laisse penser que ces deux variantes ont évolué à partir d'une souche asiatique commune, selon ces chercheurs.

La protéine formant la membrane du Zika a connu la plus forte variabilité dans les sous-types asiatiques circulant chez les humains que dans les sous-types véhiculés par les moustiques en Afrique, ont par ailleurs constaté les chercheurs.

Une modélisation suggère qu'une partie de cette grande variabilité a contribué à des changements structurels importants des souches de la lignée asiatique, selon eux.

Les futurs travaux de séquençage chercheront à comprendre comment exactement le virus Zika a provoqué l'épidémie de 2015-2016.

Ce groupe de chercheurs et d'autres vont également s'efforcer d'élucider la structure des protéines virales ce qui pourra aider à développer un vaccin et un anti-viral efficaces.

Cette étude a été financée notamment par les Instituts nationaux américains de la santé (NIH) et le Ministère de la Science et de la Technologie de Chine.

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