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Le sirop d'érable prévient la maladie de Lou Gehrig sur les vers, dit une étude

Les humains qui ingéreraient une quantité de sirop... (Photo Wang Junhui, collaboration spéciale, archives La Presse)

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Les humains qui ingéreraient une quantité de sirop d'érable comparable à celle qu'ont consommée les vers risqueraient de développer des maladies chroniques comme le diabète ou l'obésité. Les vers, eux, n'ont pas le temps d'être affectés, puisqu'ils ne vivent que trois semaines.

Photo Wang Junhui, collaboration spéciale, archives La Presse

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne

Le sirop d'érable protège les neurones et empêche le développement de la maladie de Lou Gehrig chez les vers, révèle une étude québécoise publiée mercredi. La découverte pourrait ouvrir des pistes pour soigner les humains un jour.

L'étude a aussi comme particularité qu'elle est l'idée de deux étudiantes de 17 ans du niveau collégial.

Catherine Aaron et Gabrielle Beaudry avaient cogné à la porte d'Alex Parker, un chercheur en neurosciences au Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal. Elles se cherchaient alors un mentor pour un projet parascolaire.

Deux ans plus tard, leur projet fait l'objet d'une publication dans une revue scientifique, le Journal of Agricultural and Food Chemistry.

Leur étude a été réalisée sur de petits vers modifiés génétiquement pour exprimer une protéine impliquée dans la maladie de Lou Gehrig, dont le nom scientifique est la sclérose latérale amyotrophique. Cette maladie neuromusculaire entraîne la paralysie et la mort quelques années après les premiers symptômes et aucun médicament n'existe pour guérir les personnes qui en sont atteintes.

À l'âge de deux semaines, 50 % de ces vers étaient complètement paralysés. Mais seulement 17 % des vers qui avaient reçu une diète enrichie à 4 % de sirop d'érable étaient paralysés.

«Les vers qui avaient consommé la plus forte dose de sirop d'érable avaient beaucoup moins tendance à paralyser», explique Catherine Aaron, maintenant en première année de médecine. Quant à Gabrielle Beaudry, elle a choisi d'étudier en psychologie. C'est cette dernière qui a eu l'idée du sirop d'érable.

Le chercheur Alex Parker en déduit que le sirop d'érable protège les neurones et empêche le développement de cette maladie neurodégénérative.

Le sirop d'érable contient non seulement du sucre, qui aide les neurones malades à combattre les protéines toxiques, mais est aussi riche en polyphénol, un puissant antioxydant, explique-t-il.

«Dans le sirop d'érable pur, ces polyphénols se retrouvent en faible concentration. C'est donc probablement un effet combiné du sucre et des polyphénols qui empêche l'apparition de la maladie chez les vers», explique Martine Therrien, doctorante au Centre de recherche qui a travaillé sur cette étude.

«Et c'est naturel! Tu peux juste l'acheter au magasin», a dit M. Parker.

Mais il émet un avertissement: n'allez pas vous gaver de sirop d'érable en pensant vous protéger des maladies du système nerveux! Les humains qui ingéreraient une quantité de sirop d'érable comparable à celle qu'ont consommée les vers risqueraient de développer des maladies chroniques comme le diabète ou l'obésité. Les vers, eux, n'ont pas le temps d'être affectés, puisqu'ils ne vivent que trois semaines.

Les résultats de la recherche pourraient s'appliquer à d'autres maladies neurodégénératives, comme les maladies d'Alzheimer ou de Parkinson.

Mais il est encore trop tôt pour mesurer les bénéfices réels du sirop d'érable pour les neurones des humains. D'autres recherches seront nécessaires pour les confirmer.

«C'est un peu loin», a commenté M. Parker à propos des applications de cette recherche sur l'humain. D'autres étapes doivent être faites, par exemple des tests sur les souris. «Si on trouve quelque chose qui marche bien, on pourrait passer à d'autres étapes et éventuellement à des études cliniques», a-t-il dit.

Mme Aaron note aussi que les résultats ne peuvent être transposés aux humains dans l'immédiat. «Mais c'est une piste», dit-elle.

M. Parker précise que c'est la première fois que de jeunes étudiantes se présentent ainsi à sa porte.

«Je crois qu'il est important de donner des chances aux jeunes comme cela», dit-il.

«Elles avaient une bonne idée et c'était amusant», ajoute-t-il en riant.

De son côté, Catherine Aaron n'avait jamais envisagé que ce projet mènerait à un article scientifique. «Pas du tout! On allait là pour apprendre, pour avoir une expérience», dit-elle.

Mais celle-ci lui a définitivement donné la piqûre de la recherche, ajoute-t-elle.

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