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Schizophrénie: l'efficacité de la combinaison médicaments et psychothérapie démontrée

Une étude fédérale américaine publiée mardi a démontré l'efficacité d'un... (Photo: Martin Chamberland, archives La Presse)

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Photo: Martin Chamberland, archives La Presse

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Jean-Louis Santini
Agence France-Presse
Washington

Une étude fédérale américaine publiée mardi a démontré l'efficacité d'un traitement personnalisé de la schizophrénie et d'autres psychoses, avec une nouvelle approche combinant antipsychotiques et psychothérapie dès l'apparition des premiers symptômes.

La thérapie se résume actuellement le plus souvent à la prise d'antipsychotiques pour supprimer hallucinations et délires.

«L'objectif est de mettre en relation une personne qui montre de premiers signes de psychose avec une équipe de spécialistes travaillant de façon coordonnée dès que possible après le début des symptômes», a expliqué le Dr John Kane, professeur et patron du service de psychiatrie du Zucker Hillside Hospital (État de New York).

Cette étude, financée par l'Institut national de la santé mentale (NIMH) et publiée dans l'American Journal of Psychiatry, a été menée pendant deux ans dans 34 cliniques des États-Unis. Elle a porté sur 404 patients âgés de 15 à 40 ans.

Les scientifiques ont constaté que le traitement était le plus efficace quand les malades étaient traités peu après le début de leurs symptômes psychotiques.

«Ce type de soins améliorant les résultats pour le malade peut être appliqué partout aux États-Unis», a relevé M. Kane, soulignant que «les effets sont plus probants chez des patients laissés le moins longtemps sans soins après l'apparition de la psychose».

La moitié des participants de l'étude ont commencé le traitement moins d'un an et demi après le début des symptômes, tandis que les autres étaient restés plus longtemps sans soins.

Le groupe traité rapidement a connu une plus grande amélioration de qualité de vie et de l'ensemble des symptômes, que les patients suivis plus tardivement avec cette nouvelle approche et que ceux recevant un traitement conventionnel à base surtout d'antipsychotiques, ont souligné les chercheurs.

Ils ont également noté que le groupe traité tôt semblait avoir besoin de moins de médicaments, dont les effets secondaires sont souvent une prise de poids et de la somnolence.

Des équipes cliniques de centres de soins aux États-Unis sont actuellement formées pour appliquer cette approche précoce et coordonnée des soins dans le cadre d'un nouveau programme baptisé «Navigate».

Très rentable à long terme

Elles sont composées de psychiatres, de psychologues et d'autres experts proposant des séances personnalisées de psychothérapie, des traitements médicamenteux ainsi qu'une formation pour les familles et un soutien en fonction des besoins et désirs des patients.

Les malades suivant ce programme restent en traitement plus longtemps et, outre une plus grande amélioration de leurs symptômes, ont de meilleures relations avec les autres et une qualité de vie supérieure, par rapport aux malades des groupes témoins.

Cette étude est dévoilée au moment où le Congrès américain se penche sur une réforme de la santé mentale et de l'accès aux traitements. Ces dernières décennies, un grand nombre d'hôpitaux et de cliniques psychiatriques ont été fermés par les États.

Ce sujet suscite un intérêt particulier dans le pays avec le débat passionné sur la santé mentale et les tueries de masse, sur fond d'accès aux armes à feu.

Le coût de cette nouvelle approche pourrait être plus élevé que la méthode traditionnelle, mais «cela va être très rentable à long terme», a assuré à l'AFP le Dr Kane. «Nous voulons que les patients puissent retourner à leur travail, à leurs études et améliorer leur qualité de vie».

Ces travaux «ont un impact immédiat sur l'approche clinique aux États-Unis et établissent de nouvelles normes de soin», a souligné le Dr Robert Heinssen, l'un des responsables du NIMH.

«De plus en plus d'États adoptent cette approche coordonnée après la première apparition des symptômes psychotiques, offrant un nouvel espoir à des milliers de patients et à leur famille», a-t-il ajouté.

Selon les estimations, plus de deux millions de personnes aux États-Unis souffrent de schizophrénie, une maladie qui frappe généralement des jeunes à la fin de l'adolescence et au début de la vingtaine.

Cette nouvelle approche est en partie inspirée de programmes menés avec succès en Australie, en Scandinavie et dans d'autres pays.

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