La résistance aux médicaments anticancer élucidée

Des chercheurs montréalais ont élucidé un mécanisme important de résistance aux... (Photo: David Boily, archives La Presse)

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Des chercheurs montréalais ont élucidé un mécanisme important de résistance aux médicaments oncologiques. Leurs travaux, publiés hier dans la revue Nature, pourraient même déboucher d'ici quelques années sur une avancée importante dans le traitement de la leucémie myéloïde aiguë, qui tue en moyenne en sept mois et fait plus de 200 victimes chaque année au Québec.

Une combinaison gagnante

«Il existe déjà une classe de médicaments qui ciblent le gène problématique, appelé GLI1», explique l'auteure principale de l'étude, Katherine Borden, de l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l'Université de Montréal, qui a travaillé avec un étudiant au doctorat, Hiba Zahreddine, et une dizaine de collègues canadiens et américains. «Mais ces médicaments ne sont efficaces que contre un type de cancer. Nous croyons que si nous les utilisons en même temps que d'autres médicaments, cela prolongera leur efficacité. La résistance aux médicaments oncologiques est très problématique: la moitié des patients atteints de leucémie myéloïde aiguë résistent au traitement dès le début.»

Le gène en question suscite la production d'enzymes qui recouvrent de sucres les médicaments oncologiques, ce qui les empêche de bien fonctionner. La Dre Borden a observé qu'il est très actif dans les cellules de patients dont elle a analysé le profil génétique. De plus, le gène GLI1 suscite la production d'autres protéines impliquées dans la prolifération cancéreuse.

Cette forme de résistance n'était pas connue jusqu'ici. «Les travaux ont surtout porté sur le transport du médicament vers les cellules cancéreuses, dit la Dre Borden. C'est aussi un mécanisme important de résistance aux médicaments, mais on n'a pas eu de succès à cet égard. Il y a également, dans certains cas, des mutations dans les protéines des tumeurs que ciblent les médicaments. C'est le cas avec le Gleevec. Il est alors possible de modifier le médicament pour tenir compte de ces mutations. Mais c'est assez coûteux.»

Seuls 2 des 20 patients étudiés par la Dre Borden avaient une résistance liée au transport du médicament, alors que tous avaient une résistance liée au gène GLI1.




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