H7N9: un virologue travaille sur un vaccin

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Dans l'éventualité d'une propagation de H7N9 entre humains et devant le risque de pandémie, «nous avons déjà commencé à développer des tests et un vaccin», croit un virologue américain.

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Jean-Louis SANTINI
Agence France-Presse
Washington

Le nouveau virus de la grippe aviaire H7N9 qui a déjà infecté cent sept personnes en Chine et une à Taiwan, dont vingt-deux sont mortes, pourrait à tout moment devenir transmissible entre humains, ce qui requiert de se tenir prêt en développant un vaccin, juge un éminent virologue américain.

«Il est impossible de prévoir quand ce virus pourrait muter et être capable d'une transmission entre humains. C'est pourquoi nous prenons cette situation très au sérieux», explique le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID).

«Ce n'est pas encore le cas, ce qui est encourageant, mais nous devons néanmoins être préparés pour cette éventualité», poursuit-il dans un entretien avec l'AFP.

Bien qu'«on ne puisse pas prouver totalement que des transmissions entre personne ne se sont pas déjà produites», les examens méticuleux effectués par les équipes des Centres chinois de prévention et de contrôle des maladies, de plus d'un millier de personnes ayant été en contact étroit avec des sujets infectés, «n'ont identifié aucun cas de contagion entre humains», souligne le Dr Fauci.

«On peut être sûr qu'il y aurait eu des infections parmi ce millier de personnes si le virus était transmissible», insiste-t-il.

Une étude publiée jeudi dans la revue médicale britannique The Lancet confirme que H7N9 provient bien de volailles et qu'il n'est, manifestement pour l'instant, pas capable de se transmettre entre humains.

Après une analyse génétique du pathogène retrouvé chez un des patients et une comparaison avec le virus récupéré sur un poulet trouvé sur un marché de volailles, «les chercheurs ont conclu que les similitudes entre les virus isolés laisser penser à une transmission sporadique de la volaille aux hommes», écrit The Lancet.

La différence entre H7N9 et l'autre virus aviaire H5N1 apparu il y a dix ans en Asie, c'est que H7N9 est inoffensif pour les volailles et ce contrairement à H5N1 qui les tue rapidement. Il est ainsi difficile de localiser H7N9 et de prévenir des transmissions à l'homme, relève le Dr Fauci.

Mais ces deux virus sont similaires dans la sévérité des symptômes de la grippe chez les humains et aussi du fait qu'ils ne se propagent pas entre les humains, ajoute-t-il.

Il y a eu 566 cas confirmés d'infection avec H5N1 depuis 2003, dont 332 décès, soit un taux de mortalité de 58% contre 20% jusqu'à présent pour H7N9.

Dans l'éventualité d'une propagation de H7N9 entre humains et devant le risque de pandémie, «nous avons déjà commencé à développer des tests et un vaccin», explique le virologue.

Les toutes premières études cliniques du vaccin devraient avoir lieu fin mai ou début juin et les essais cliniques devraient être étendus en juillet et août, précise-t-il.

Le patron du NIAID a également jugé «excellente la transparence et la coopération des autorités chinoises» sur les infections par le virus H7N9, contrairement à ce qui s'était passé avec le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) parti de Chine en 2003 et qui a frappé 8000 personnes dans le monde, dont 800 en sont mortes.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait alors accusé Pékin d'avoir cherché à dissimuler cette épidémie en la minimisant.

Des experts américains et européens notamment se trouvent en Chine et travaillent étroitement avec les autorités sanitaires chinoises, rappelle le Dr Fauci.

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