Les enfants de parents cousins sont désavantagés

Les enfants d'un couple cousin-cousine sont plus petits... (Photo Thinkstock)

Agrandir

Les enfants d'un couple cousin-cousine sont plus petits et moins intelligents, selon une nouvelle étude.

Photo Thinkstock

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les enfants d'un couple cousin-cousine sont plus petits et moins intelligents, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Nature. Pour des cousins germains ayant un enfant ensemble, cela équivaut à 1,2 centimètre de moins et l'équivalent cognitif de 10 mois de moins de scolarité.

«Les études sur l'impact de la consanguinité sont généralement généalogiques plutôt que génétiques», explique l'auteur principal de l'étude, Jim Wilson, de l'Université d'Édimbourg, en Écosse, qui a travaillé en collaboration avec 300 autres chercheurs de 200 institutions, dont l'Université Laval. «Nous avons combiné des bases de données totalisant 350 000 personnes pour mesurer l'impact de "l'homozygocité", qui augmente avec la consanguinité. À notre grande surprise, on voit que l'impact est notable même s'il n'y a pas de tradition de mariages consanguins dans une société.»

Un gène humain est composé de deux allèles. Si ces deux allèles sont identiques, le gène est homozygote. Certaines maladies rares, appelées récessives, apparaissent seulement avec des gènes homozygotes.

Cultures

Au Royaume-Uni, la consanguinité intéresse de plus en plus les chercheurs parce que certaines cultures du Sud-Est asiatiques favorisent les mariages entre cousins. Ces unions doublent à 2,5% le risque d'anomalies à la naissance, selon plusieurs études.

L'équipe du généticien Wilson a analysé une quinzaine de «traits», dont la taille, les capacités cognitives, la capacité respiratoire, la pression sanguine, l'obésité et certains métabolites associés à des maladies cardiovasculaires, comme le cholestérol. Seule la taille et l'intelligence variaient - négativement - quand augmentait la consanguinité, contrairement aux attentes des chercheurs.

«Cela fait une dizaine d'années que j'étudie l'homozygocité, dit M. Wilson. C'est un domaine sous-étudié. Beaucoup de chercheurs pensaient que le risque de maladie complexe comme les cardiopathies augmenterait. Nous montrons que ce n'est pas le cas. Nous allons maintenant nous pencher sur d'autres traits, comme la capacité rénale et la reproduction. Nous allons aussi essayer de voir où, dans le génome, agit la consanguinité pour affecter la taille et les capacités cognitives.». Nous allons maintenant nous pencher sur d'autres traits, comme la capacité rénale et la reproduction. Nous allons aussi essayer de voir où, dans le génome, agit la consanguinité pour affecter la taille et les capacités cognitives.»

Marc Tremblay, démographe de l'Université du Québec à Chicoutimi qui a fait des études sur la consanguinité au Québec, estime que le cas des cousins germains donné en exemple par l'étude est «extrême». «Au Québec, on parle plutôt de consanguinité éloignée, dit M. Tremblay. Les mariages entre cousins étaient moins fréquents qu'en Italie ou en Espagne, par exemple.»

Sept fois plus : coefficient de consanguinité dans la région québécoise la plus consanguine, les Îles-de-la-Madeleine, par rapport à la région la moins consanguine, l'Outaouais.

Source: UQAC, Annales de démographie historique

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer