Mi-humain, mi-singe: Sediba est l'un des premiers aïeux de l'homme

L'Australopithèque Sediba, vieux de deux millions d'années, est... (PHOTO LEE BERGER, AFP)

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L'Australopithèque Sediba, vieux de deux millions d'années, est l'un de nos premiers ancêtres le plus proche dont des fossiles bien préservés donnent un éclairage sur l'évolution du genre humain.

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Jean-Louis SANTINI
Agence France-Presse
Washington

Mi-homme, mi-singe, l'Australopithèque Sediba, vieux de deux millions d'années, est l'un de nos premiers ancêtres le plus proche dont des fossiles bien préservés donnent un éclairage sans précédent sur l'évolution du genre humain, révèlent de nouvelles études jeudi.

Les squelettes assez complets d'un jeune mâle et d'une femelle ainsi que le tibia isolé d'un adulte mis au jour en 2008 dans une caverne à Malapa en Afrique du Sud montrent une mosaïque de caractéristiques humaines et simiennes.

Ainsi le bassin, les mains et les dents sont de type humain alors que les pieds, les longs bras, les épaules et le haut de la cage thoracique s'apparentent au singe.

Cette créature était bipède mais avait une démarche étrange. Elle marchait en tournant les hanches et les genoux vers l'intérieur avec les pieds légèrement courbés et pouvait aussi grimper dans les arbres, précisent les chercheurs.

«Quand on regarde ces squelettes sous tous leurs aspects, de la mâchoire aux pieds, on voit partout des marques de la transition entre l'Australopithèque (un hominidé éteint) et le genre homo» à qui appartient l'homme moderne, souligne Darryl de Ruiter, professeur d'anthropologie à l'Université du Texas, coauteur d'une des six études publiées dans la revue américaine Science.

«On peut y observer l'évolution à l'oeuvre», ajoute-t-il.

«Ces spécimens sont incroyablement complets et très bien préservés avec les éléments clés permettant de nous dire comment l'espèce humaine a évolué», explique à l'AFP Scott Williams, un anthropologue à l'Université de New York, coauteur d'une des recherches décrivant la colonne vertébrale de Sediba.

Celui-ci avait le même nombre de vertèbres lombaires que l'homme moderne mais le bas du dos plus long et plus souple comme les singes, précise-t-il.

Une des études a porté sur les dents de Sediba qui ont été comparées à huit autres hominidés africains dont des humains modernes et des espèces éteintes d'Homo et d'Australopithèque. Les chercheurs ont aussi examiné des dents de 44 gorilles pour la comparaison.

Un lien entre Lucy et les premiers humains

Ils ont conclu que les caractéristiques dentaires établissaient un lien étroit entre Sediba et les premiers humains.

À de nombreux égards cette étude sur les dents confirme les résultats de travaux antérieurs sur Sediba dont l'analyse de l'intérieur du crâne, de la main, du pelvis, du pied et de la cheville, souligne Debbie Guatelli-Steinberg, professeur d'anthropologie à l'Université de l'État d'Ohio, un des auteurs de ces travaux.

«Toutes ces recherches montrent jusqu'à présent que Sediba avait une mosaïque de traits primitifs et modernes qui font penser que cette créature a été un lien entre les premiers Australopithèques comme la célèbre Lucy et les premiers humains», ajoute-t-elle.

Une partie du squelette de Lucy, qui vivait en Afrique de l'Est il y a 3,2 millions d'années, avait été découvert en 1974.

«Ces études nous disent aussi que Sediba ne s'apparente probablement pas aux espèces d'Afrique de l'Est comme Lucy», relève Lee Berger, professeur à l'Université du Witwatersrand à Johannesburg qui a découvert le site de Malapa en 2008.

Sediba marchait d'une façon inédite pour les anthropologues avec le haut de la cage thoracique et de la colonne vertébrale «très similaire au singe et le bas aux humains», résume-t-il.

«Nous faisons peut-être la meilleure observation d'une ancienne espèce d'hominidé jamais conduite auparavant», juge le professeur Berger ajoutant que Sediba «devrait être considéré comme le meilleur candidat potentiel pour être l'un des tout premiers membres du genre homo».

Mais Debbie Guatelli-Steinberg estime qu'«il faut encore découvrir plus de fossiles de Sediba pour pouvoir trouver les pièces encore manquantes de ce puzzle de l'évolution».

Les fouilles vont reprendre cet été sur ce site d'une richesse anthropologique exceptionnelle où d'autres fossiles de Sediba sont enterrés, indique le professeur Berger.

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