Le clone de l'«hypermâle» à Saint-Hyacinthe

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Pour la première fois de sa vie, Starbuck II sort de sa stalle du Centre d'insémination artificielle du Québec (CIAQ). Le taureau de 1134 kg est présenté jusqu'à dimanche à l'Exposition agricole de Saint-Hyacinthe.

Il est le clone de Starbuck, l'«hypermâle» mort en 1998, dont la précieuse semence - qui a permis la naissance de 200 000 vaches laitières - a été vendue dans 45 pays et a rapporté 25 millions de dollars. Aujourd'hui, quatre vaches laitières sur cinq ont ses gènes.

«La seule différence entre le clone et l'original, ce sont les taches, qui ont été façonnées un peu par l'environnement», indique Simon Giard, président de l'exposition, qui était aussi président du conseil d'administration du CIAQ lors de la naissance de Starbuck II, en septembre 2000.

La bête avait été clonée à partir d'un morceau d'oreille, grâce au travail de la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal et d'Alliance Boviteq, une firme de transfert d'embryons.

Le numéro II est beaucoup moins profitable que l'original. Quelque 47 000 échantillons de sa semence dorment encore au froid au CIAQ. La cause : l'évolution de la science et les lois prohibitives.

«On a récolté Starbuck II seulement entre les mois de février et septembre 2002, indique Hélène Drapeau, responsable des communications au CIAQ. Il a donné une bonne production, mais on n'en a pas beaucoup vendu parce que peu de pays autorisent la vente de produits venant d'animaux clonés. C'est d'ailleurs interdit au Canada.»

Les premiers échantillons de sa semence ont été achetés en 2008 par une poignée de pays d'Amérique latine, qui étaient alors les seuls à permettre la chose. C'est maintenant aussi légal aux États-Unis depuis 2009, grâce à une décision favorable de la Food and Drug Administration, mais on en a relativement peu vendu.

«Starbuck donnait de très bonnes vaches, mais ça reste un taureau né en 1978, et son clone a le même ADN que lui, explique M. Giard. C'est une vieille génération. Avec les progrès de la génomique, on a réussi à concevoir des modèles encore plus performants. Il n'est plus aussi intéressant.»

Le CIAQ peut toutefois se consoler : contrairement à plusieurs animaux clonés, Starbuck II n'a jamais éprouvé de problèmes de santé, explique Hélène Drapeau. «Il aura 10 ans en septembre, et il se porte très bien.»




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer