L'odeur du poulet éloigne le moustique responsable de la malaria

Les travaux menés dans trois villages de la... (Photo Charlie Neibergall, archives AP)

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Les travaux menés dans trois villages de la région oromo dans l'ouest éthiopien ont notamment consisté à suspendre une cage avec un poulet à côté de la moustiquaire dans certains foyers du village. Au matin, les pièges à moustiques étaient vides, contrairement à ceux placés dans les habitations où n'avaient pas été placés de poulets.

Photo Charlie Neibergall, archives AP

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Agence France-Presse
ADDIS ABEBA

Des scientifiques éthiopiens ont établi que l'odeur du poulet repousse efficacement le moustique responsable de la malaria, ouvrant la voie à de nouveaux outils de prévention de cette maladie endémique, selon une étude publiée dans la revue médicale Malaria Journal.

L'équipe dirigée par Habte Tekie, professeur d'entomologie à l'université d'Addis Abeba, a constaté au cours de ses travaux que si le moustique Anophele arabiensis, vecteur de la malaria, pique volontiers hommes et bétail, il se tient en revanche à l'écart des poulets et ne les pique quasiment jamais.

L'explication tient aux émanations chimiques « qui font que le moustique de la malaria est repoussé par l'odeur du poulet », avance Habte Tekie, dont l'étude montre que « le composé (chimique) du poulet a un fort potentiel de répulsion ».

L'hypothèse avancée est que le moustique considère le poulet comme un prédateur susceptible de le manger et cherche donc à l'éviter.

Les travaux menés dans trois villages de la région oromo dans l'ouest éthiopien ont notamment consisté à suspendre une cage avec un poulet à côté de la moustiquaire dans certains foyers du village. Au matin, les pièges à moustiques étaient vides, contrairement à ceux placés dans les habitations où n'avaient pas été placés de poulets.

Pour éviter de dormir avec des poulets au-dessus du lit, les scientifiques éthiopiens ont renouvelé l'expérience avec des fioles contenant des extraits d'odeur de poulet, avec le même résultat. Une expérience qualifiée de « très encourageante ».

L'équipe éthiopienne travaille maintenant en collaboration avec une université suédoise pour développer et tester la meilleure essence de synthèse possible.

« Ce répulsif sera sans danger pour l'usage humain et sans résidus susceptibles de contaminer le sol, l'eau ou d'empoisonner les gens. Il peut être facilement intégré dans la prévention de la malaria » , assure Habte Tekie.

« Ce produit est entièrement naturel et la chance de voir le moustique développer une résistance est minimale », ajoute-t-il.

Plus de 60 % de la population éthiopienne est menacée par la malaria, une maladie infectieuse provoquée par un parasite qui pénètre dans l'organisme à la suite d'une piqûre de moustique.

La malaria touche près de 200 millions de personnes et fait jusqu'à 755 000 morts par an, principalement en Afrique, selon les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

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