Des chercheurs montréalais gagnent une partie de cache-cache avec le VIH

Des chercheurs montréalais viennent de repérer des cellules... (PHOTO MANJUNATH KIRAN, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Des chercheurs montréalais viennent de repérer des cellules du corps dans lesquelles le VIH tend à se dissimuler. L'identification de ces cellules pourrait contribuer à y éliminer le virus, selon les auteurs de l'étude.

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C'est sans doute la partie de cachette la plus capitale et la plus frustrante de la science moderne. Le VIH est connu pour se planquer dans certaines cellules du corps, ce qui le rend impossible à éliminer complètement, malgré les traitements actuels. Mais des chercheurs montréalais viennent de repérer certaines des cachettes préférées du virus. Une découverte qui pourrait déboucher sur de nouvelles méthodes pour l'éliminer.

« Le VIH se cache dans certaines cellules endormies qu'on appelle "réservoirs". Tant que c'est le cas, le système immunitaire ne le voit pas. Mais si on parvient à identifier ces cellules, on pourrait ensuite les réveiller et faire sortir le virus pour l'éliminer », explique Nicolas Chomont, chercheur au Centre hospitalier de l'Université de Montréal et l'un des auteurs de la découverte.

Leur étude a été publiée hier dans la revue PLOS Pathogens. Elle résulte d'une collaboration entre des chercheurs de Montréal, des États-Unis et d'Australie.

Précisons tout de suite qu'il reste beaucoup de travail à faire avant de penser à guérir les patients atteints du VIH.

On savait déjà que le VIH se planque dans certains lymphocytes T CD4+, des globules blancs qui défendent le corps humain contre les infections. Mais déterminer lesquels exactement abritent le virus est un casse-tête monumental. Chez un patient typique, seulement un lymphocyte T CD4+ sur 1 million sert de cachette au VIH.

CARACTÉRISTIQUES COMMUNES

L'équipe de M. Chomont a montré que les cachettes préférées du VIH ont souvent des caractéristiques communes - des protéines qui s'expriment à la surface des cellules qui abritent le VIH. Ils ont trouvé trois de ces marqueurs, qui portent les noms de code PD-1, TIGIT et LAG-3. Quand les trois marqueurs sont présents, il y a de très fortes chances que le virus se cache dans la cellule qui les exprime. La probabilité diminue quand il y a seulement un ou deux marqueurs, mais cela donne quand même de bons indices pour savoir où traquer le VIH.

«On estime que si on arrivait à cibler toutes les cellules qui expriment au moins l'un des trois marqueurs, on toucherait 80 % du réservoir persistant, en tout cas dans le sang.»

Nicolas Chomont
Un des auteurs de l'étude

Même si c'était le cas, on ne pourrait crier victoire contre le VIH. Il reste d'abord ces 20 % de cellules du sang qui abritent le VIH, mais n'expriment pas les marqueurs trouvés par les chercheurs. Et on sait que le VIH se cache aussi dans certains organes, comme les intestins et les ganglions lymphatiques. Les chercheurs montréalais viennent justement de démarrer une étude avec des scientifiques australiens pour voir si les marqueurs qui permettent de repérer les cachettes du VIH dans le sang fonctionnent aussi pour les organes.

Une fois les cachettes trouvées, il faut ensuite agir sur elles. Pour ça, Nicolas Chomont est assez optimiste. Certains médicaments contre le cancer, commercialisés ou en conception, ciblent déjà les marqueurs découverts par les chercheurs.

« On pense qu'on pourrait identifier les mêmes médicaments pour détruire les réservoirs du VIH », dit Rémi Fromentin, premier auteur de l'étude et associé de recherche au Centre hospitalier de l'Université de Montréal.

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