Des plantes se «parfument» pour mieux se propager

La tromperie est une stratégie de pollinisation chez... (PHOTO ARNO BURGI, AFP)

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La tromperie est une stratégie de pollinisation chez certaines fleurs. Sur cette photo, une abeille pollinise une fleur de tournesol.

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Agence France-Presse

Certains insectes se feraient-ils berner par des plantes? Selon des scientifiques les graines de certaines plantes imitent les crottes d'antilopes (de la forme jusqu'à l'odeur) pour attirer les insectes friands de matières fécales qui les emportent pensant en faire leur repas.

«Ceci est probablement le meilleur exemple d'une plante utilisant la tromperie pour disséminer ses graines, un phénomène intéressant», explique à l'AFP Jeremy Midley coauteur d'une étude publiée lundi dans Nature Plants.

C'est une caméra postée devant une plante, le Ceratocaryum argenteum, dans la réserve naturelle De Hoop en Afrique du Sud, qui a permis de comprendre ce phénomène.

Le mode opératoire est assez simple. Les noix de cette plante dégagent une odeur âcre rappelant la fiente des antilopes. Les insectes, trompés par l'odeur, les emportent, pensant les savourer plus tard.

Des chercheurs sud-africains ont constaté que des coléoptères coprophages (qui consomment les matières fécales) emportent les noix en les faisant rouler et les enterrent.

Pourtant ces noix sont trop dures pour être mangées par les insectes ou leurs larves. Voilà, donc, un bel exemple de tromperie biologique.

«On sait que la tromperie est une stratégie de pollinisation chez certaines fleurs», rappelle Jeremy Midley de l'université de Cap Town.

L'orchidée miroir, par exemple, possède la forme et la couleur d'une abeille femelle afin d'attirer les abeilles mâles qui se posent dessus et cherchent à copuler.

Ce faisant, leurs corps touchent les pollens qui s'y collent. Devant l'absence de réaction du pseudo partenaire, l'abeille mâle va voir ailleurs, assurant ainsi la pollinisation.

Les orchidées ne possédant pas de nectar, il s'agit de tromperie biologique sans intérêt, sans contrepartie pour l'insecte.

Mais l'utilisation de ce subterfuge pour disséminer des graines reste beaucoup plus rare et sujet à polémique parmi les chercheurs, selon l'étude.

«Les résultats semblent, en première lecture, concluants», précise Jeremy Midley.

«Nous sommes sûrs qu'il y a tromperie, mais nous avons besoin d'un peu plus de preuves pour dire qu'il y a mimétisme». Qu'une stratégie adaptative d'imitation est bien à l'origine de la tromperie.

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