Des éléments clés du langage humain trouvés dans le babillage des oiseaux

Un pomatostome à calotte marron.... (WIKICOMMONS)

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Un pomatostome à calotte marron.

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Agence France-Presse
Washington

La capacité d'attacher des sons pour créer des messages intelligibles n'est pas exclusif aux humains: le pomatostome à calotte marron, une sorte de passereau, est également doté de cette faculté de communiquer, révèle lundi une recherche.

C'est la première fois que cette capacité est observée dans le monde animal ce qui pourrait donner un nouvel éclairage sur les origines du langage humain, selon ces chercheurs dont les travaux paraissent lundi dans la revue américaine Plos Biology.

Le pomatostome à calotte marron (Pomatostomus ruficeps), un oiseau très social qui vit en Australie, est capable de créer de nouvelles significations en ré-arrangeant des sons, une forme de babillage qui a des similitudes avec la manière dont les humains créent les mots, expliquent-ils.

Cette découverte pourrait révéler les toutes premières étapes de l'émergence de systèmes de langages élaborés que nous utilisons aujourd'hui, pensent ces scientifiques.

«Des recherches faites précédemment indiquent que les animaux et particulièrement les oiseaux sont capables d'associer différents sons pour former un chant complexe», relève Sabrina Engesser, de l'Université de Zurich en Suisse, l'un des principaux auteurs.

«Mais ces chants n'ont généralement pas de signification spécifique car le fait de modifier l'arrangement des sons ne paraît pas altérer leur message d'ensemble», comme par exemple une alerte de la présence d'un prédateur, précise-t-elle.

A la différence de la plupart des oiseaux, les pomatostomes ne chantent pas. Mais ils recourent à un répertoire vocal étendu caractérisé par des appels discrets formés de sons individuels plus courts et acoustiquement distincts, explique la scientifique.

«Nous pensons que ces espèces d'oiseaux pourraient choisir de ré-arranger les sons pour produire de nouveaux sens car c'est plus simple et plus rapide de combiner deux sons existants», selon Andy Russell, professeur d'écologie à l'Université d'Exeter au Royaume-Uni, un expert de ces oiseaux babilleurs, co-auteur de l'étude.

Ces chercheurs ont observé que les pomatostomes réutilisent deux sons «A» et «B» dans différentes combinaisons, selon leurs activités spécifiques.

En volant, ces oiseaux produisent un son «AB», mais quand ils nourrissent leurs oisillons dans le nid ils émettent alors une autre combinaison de ces sons, «BAB».

Quand ces scientifiques ont fait entendre les différents sons qu'ils avaient enregistrés, les oiseaux qui écoutaient ont montré par leurs réactions qu'ils étaient capables de distinguer ces combinaisons sonores.

Ainsi ils regardaient en direction du nid en entendant les trois sons combinés «BAB» ou tournaient la tête en l'air cherchant un des leurs volant à proximité en écoutant le «vocable» AB qui apparemment signale l'action de voler.

Ces scientifiques ont déterminé que chez les pomatostomes à calotte marron, le premier élément de son «B» semble être ce qui différencie le sens des «mots», comme «cat» et «at» dans la langue anglaise où le «c» est l'élément qui marque la différence, ce qu'on appelle un phonème en linguistique.

«Bien que ce phonème soit très rudimentaire, il pourrait nous aider à comprendre comment la capacité de générer de nouveaux sens avec les sons a évolué initialement chez les humains», estime Simon Townsend, un biologiste de l'Université de Zurich, un autre co-auteur de l'étude.

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