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Une exoplanète découverte par des chercheurs montréalais

Une comparaison de la Terre (à gauche) avec... (Photo NASA)

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Une comparaison de la Terre (à gauche) avec Wolf 503b (au centre) et Neptune (à droite).

Photo NASA

Des astrophysiciens de l'Université de Montréal ont découvert une nouvelle exoplanète, à peine plus grosse que la Terre. Elle pourrait aider à mieux comprendre la formation des planètes, car son atmosphère est plus facile à étudier que celle de la plupart des autres exoplanètes.

Six jours

Wolf 503b fait entre 1,5 et 4 fois le diamètre de la Terre et est située beaucoup plus proche de son étoile, avec une orbite de seulement six jours.

« Ça veut dire qu'il y fait probablement trop chaud pour qu'il y ait de l'eau liquide, mais il pourrait y avoir une atmosphère parce que l'étoile est beaucoup moins chaude que notre Soleil », explique Merrin Peterson, étudiante à la maîtrise à l'Université de Montréal, qui est l'auteure principale de l'étude qui sera publiée dans‎ l'Astronomical Journal.

Wolf 503b, située à 145 années-lumière de la Terre, a été découverte parce que l'équipe dont fait partie Mme Peterson testait un algorithme permettant de réduire le nombre d'exoplanètes potentielles identifiées par le satellite spatial européen Kepler.

« Nous avons eu 1200 signaux, des exoplanètes à confirmer, et n'avons finalement avéré que deux ou trois douzaines d'exoplanètes, alors notre algorithme ne fonctionne pas très bien, dit Mme Peterson. Nous avons décidé de mieux caractériser Wolf 503b parce qu'elle est idéale pour étudier son atmosphère. On a caractérisé l'atmosphère de beaucoup de grosses planètes de la taille de Jupiter, mais de peu de « super-Terres », et encore là il y a beaucoup d'incertitude. Nous pensons pouvoir faire mieux avec Wolf 503b. »

L'étoile Wolf 503 est deux fois plus vieille que notre Soleil et située dans la constellation de la Vierge.

La Mecque des exoplanètes

L'Institut de recherche sur les exoplanètes (iRex) de l'Université de Montréal est le centre canadien le plus important du domaine, selon Mme Peterson, qui vient d'Ottawa et a fait son baccalauréat à l'Université McGill.

« Quand j'ai fait un stage à iRex l'été dernier, j'ai vraiment trouvé ça cool. Et depuis que j'ai commencé ma maîtrise, ça se confirme, il y a beaucoup d'outils cool. »

Selon Mme Peterson, qui a comme coauteurs des Américains et des Européens travaillant sur Kepler, seulement quelques dizaines d'exoplanètes ont été découvertes par des Canadiens.

Hubble

L'équipe de l'iRex a fait une demande pour utiliser le télescope spatial Hubble.

« Nous voulons voir la proportion d'eau et d'hydrogène dans l'atmosphère, dit Mme Peterson. Il y a un endroit dans la distribution des masses des exoplanètes appelé « écart de Fulton » [Fulton Gap] où on en retrouve moins. Il y a des planètes de masse comparable à la Terre, et des planètes comme Neptune, quatre fois la masse de la Terre, mais peu d'exoplanètes entre les deux. »

«L'une des hypothèses est que les petites planètes sont rocheuses et que celles comme Neptune sont assez grosses pour garder leur atmosphère, mais entre les deux, elles la perdent sous les rayons de leur étoile. Le rapport entre l'eau et l'hydrogène dans l'atmosphère de Wolf 503b va nous aider à mieux comprendre l'écart de Fulton », explique-t-elle. 

Cet écart est nommé en l'honneur de l'astrophysicien de Caltech qui l'a décrit l'an dernier.

En chiffres 

3800 : nombre d'exoplanètes confirmées

1200 : nombre de « super-Terres »

55 : nombre de « super-Terres » situées dans la zone habitable de leur étoile

SOURCE : NASA, Exoplanet Catalog




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