Premier vol historique de la plus puissante fusée du monde

Le décollage de la fusée Falcon Heavy à Cap Canaveral,... (Photo Joe Skipper, Reuters)

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Le décollage de la fusée Falcon Heavy à Cap Canaveral, en Floride.

Photo Joe Skipper, Reuters

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Jim WATSON, Shahzad ABDUL, Christophe VOGT
Agence France-Presse
Cap Canaveral et Washington

La fusée la plus puissante du monde, la Falcon Heavy de SpaceX a entamé sa première mission historique mardi, lançant en direction de Mars une voiture de sport rouge cerise avec comme conducteur un mannequin au nom tiré d'un morceau de David Bowie.

Deux des trois fusées auxiliaires de Falcon Heavy... (PHOTO Red Huber AP/Orlando Sentinel) - image 1.0

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Deux des trois fusées auxiliaires de Falcon Heavy sont retournées indemnes sur Terre.

PHOTO Red Huber AP/Orlando Sentinel

Point de vue de la Terre de la... (PHOTO FOURNIE PAR SPACEX) - image 1.1

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Point de vue de la Terre de la Tesla Roadster mise en orbite hauteur de la planète.

PHOTO FOURNIE PAR SPACEX

Un clin d'oeil « rock » d'Elon Musk, le génie fantasque fondateur de SpaceX, qui avait lancé ce projet en 2011 et dont le rêve ultime est de coloniser la planète Mars.

« Décollage! », a tweeté à 15 h 46 SpaceX dans un message accompagné d'une photo de Falcon Heavy, qui est composée de trois fusées Falcon9 de front sur lesquelles SpaceX a juché un deuxième étage et une coiffe pour la charge utile.

De cette coiffe est sortie la décapotable rouge de Tesla, où était joué « Space Oddity » de David Bowie. Ses aventures étaient diffusées en direct par SpaceX sur les réseaux sociaux, où elles étaient suivies par des millions de personne, subjuguées par ce véhicule flottant dans l'espace.

Starman, le mannequin qui l'habite, était ainsi vu au volant de la voiture, le bras gauche nonchalamment posé sur sa portière.

Le véhicule devait rester en orbite autour de la Terre pendant cinq heures avant de s'élancer vers Mars. « Actuellement au-dessus de l'Australie », a écrit Elon Musk à 17 h 09 en postant une photo de Starman. Sur son tableau de bord se trouve le message « Don't Panic! », référence au « Guide du voyageur galactique », célèbre roman de science-fiction.

Après deux minutes de vol, deux des lanceurs de la Falcon Heavy se sont détachés comme prévu de la fusée centrale qui a poursuivi sa route dans l'espace.

Huit minutes et 20 secondes plus tard, les deux fusées auxiliaires se sont posés quasiment simultanément sur deux zones d'atterrissage de Cap Canaveral à quelques dizaines de mètres seulement l'un de l'autre.

Des images historiques, répétées en boucle sous forme de GIF ou de vidéos sur les réseaux sociaux.

Coloniser Mars

« C'est tout ce dont on pouvait rêver pour un vol d'essai », a réagi John Innsbrucker, un commentateur de SpaceX.

Vers 18 h GMT, on restait en revanche sans nouvelles du troisième premier étage qui devait lui se poser sur une barge dans l'Atlantique.

Elon Musk a pour l'heure réussi son pari. Il avait déjà sensiblement réduit les coûts et révolutionné l'écosystème des lancements spatiaux en faisant revenir ses lanceurs sur terre, et même sur mer. Il veut désormais faire entrer la conquête de l'espace dans une nouvelle ère.

Le décollage mardi à Cap Canaveral était initialement prévu à 13 h 30 locales, avant d'être retardé à 14 h 20 puis 15 h 45, en raison du vent à haute altitude.

L'envoi de cette fusée dans l'espace ne ressemble à nul autre. « J'adore l'idée d'une voiture dérivant apparemment à l'infini dans l'espace et qui sera peut-être découverte par une race extraterrestre dans des millions d'années », avait imaginé l'an dernier M. Musk.

À l'allumage, les 27 moteurs Merlin de la super-fusée ont généré une poussée de plus de 2500 tonnes, l'équivalent de 18 Boeing 747 à la verticale.

La destination du vol est l'espace lointain, à une distance à peu près équivalente de celle de Mars par rapport au Soleil, où l'engin sera placé en orbite.

Enjeux colossaux

SpaceX n'avait jusqu'alors effectué que des tests statiques. Et Elon Musk avait martelé lundi que cela serait déjà un succès si la fusée « quittait le pas de tir et ne le pulvérisait pas en mille morceaux ».

Une prudence justifiée par les enjeux colossaux du projet. En termes technologiques, bien sûr, mais aussi au niveau des économies d'échelle qu'une telle réussite peut signifier.

SpaceX affirme que Falcon Heavy peut lancer deux fois plus de charge utile que la plus puissante fusée en opération existante, la Delta IV Heavy, « à un tiers du prix ». Selon United Launch Alliance, qui opère les Delta IV, le coût d'un lancement est de 350 millions de dollars.

À cela s'ajoute une dimension géostratégique non négligeable. Si SpaceX gagne son pari, la NASA pourra se passer de l'aide des Russes et de leur vaisseau Soyouz pour envoyer des hommes dans l'espace.

Chez SpaceX, « à chaque échec qu'ils ont rencontré, ils ont rebondi immédiatement », a expliqué à l'AFP Erik Seedhouse, enseignant à l'université américaine Embry-Riddle spécialisée dans l'aérospatiale, insistant sur le fait que l'entreprise a « effectué l'année dernière davantage de lancements que n'importe quel pays ».

Avec sa puissance, seulement surpassée dans l'histoire par la fusée Saturn V de la NASA qui a emporté des astronautes des missions Apollo vers la Lune, la Falcon Heavy pourra mettre jusqu'à 63,8 tonnes en orbite terrestre basse.

Elon Musk a expliqué lundi que ce ne sera en réalité pas la Falcon Heavy mais un autre de ses projets, la fusée « Big fucking rocket » (littéralement « putain de grosse fusée ») qui permettra de transporter des humains vers la Lune ou Mars.

Le Falcon Heavy doit donc lui ouvrir la voie.




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