L'eau de Mars en partie capturée par ses roches

Une représentation de la planète Mars: à gauche,... (Photo Agence France-Presse/Nature)

Agrandir

Une représentation de la planète Mars: à gauche, la situation actuelle et à droite, la situation d'il y a 3 millards d'années.

Photo Agence France-Presse/Nature

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse

Une sorte d'«effet éponge»: une partie de l'eau sur Mars aurait été absorbée par les roches volcaniques de la planète rouge, assurent des chercheurs dans une étude.

Cette nouvelle piste permet de compléter les thèses actuelles sur la disparition de l'eau liquide de la surface martienne, soulignent-ils.

«En substance, Mars a été condamnée par sa géochimie», déclare à l'AFP Jon Wade, du département Sciences de la Terre de l'Université d'Oxford, principal auteur de l'étude parue mercredi dans la revue Nature.

La Terre et Mars sont deux planètes rocheuses voisines qui ont connu des destins totalement différents. L'eau a presque toujours été présente sur la planète bleue (ce qui a permis l'apparition de la vie) alors qu'elle a disparu de la planète rouge rapidement après la formation de cette dernière.

Mars, plus petite que la Terre, est devenue sèche et glacée, mais on pense qu'elle a connu il y a très longtemps un climat plus chaud, plus humide, avec de l'eau liquide à sa surface.

Selon de précédentes études scientifiques, une grande partie de l'eau martienne s'est échappée dans l'espace, car la planète a perdu son bouclier magnétique, susceptible de la protéger des vents solaires comme le fait celui qui entoure la Terre. Une autre partie subsisterait sous forme de glace sous la surface.

Mais ces théories n'expliquent pas tout, selon les chercheurs de l'étude, convaincus que la minéralogie a aussi son mot à dire.

Sur Mars, comme sur Terre, l'érosion et les réactions hydrothermales modifient les roches à la surface, qui, «de sèches deviennent hydratées», souligne Jon Wade. «Mais les roches martiennes semblent encore plus enclines à ce genre de réactions».

Cela s'explique par «la plus forte teneur en fer des roches volcaniques martiennes, comparée à celle des roches volcaniques terriennes», selon Jon Wade.

En s'appuyant sur des modélisations, l'équipe internationale de scientifiques a calculé que «les roches basaltiques sur Mars retiennent environ 25 % d'eau en plus que ce type de roches sur Terre, ce qui a eu pour conséquence d'attirer l'eau de la surface vers l'intérieur» (le manteau), indique l'Université d'Oxford dans un communiqué.

Désormais, «l'eau est "emprisonnée" dans la structure minérale. Elle n'est plus liquide, mais liée physiquement à elle», explique Jon Wade.

Ces roches hydratées martiennes, renfermant des minéraux denses, sont susceptibles de plonger jusqu'à une profondeur de plus de 90 km, «éloignant pour de bon l'eau» de la surface martienne, ajoute-t-il.

En revanche, sur la jeune Terre, «les roches hydratées ont eu tendance à "flotter" jusqu'à ce qu'elles perdent leur eau en fondant, plongeant alors dans le manteau terrestre. Mais l'eau a pu retrouver son chemin vers la surface», estime Jon Wade.




Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer