New Delhi tire une nouvelle fusée 100% indienne

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Si le lanceur avait déjà été testé au cours d'un vol sous-orbital en 2014, c'était la première fois que l'Inde utilisait son nouveau moteur mis au point localement, dont l'extrême complexité technologique donne une puissance nouvelle à ses fusées.

Stringer, REUTERS

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Alexandre MARCHAND
Agence France-Presse
New Delhi

L'Inde a tiré lundi pour la première fois sa nouvelle fusée qui n'utilise que des technologies conçues localement, dont un moteur cryotechnique, augmentant la capacité de tir de son frugal, mais ambitieux programme spatial.

Un lanceur GSLV-MkIII s'est arraché à 17h28 heure locale (11h58 GMT) du pas de tir de Sriharikota, dans le sud-est. Il a placé en orbite un satellite de communication de plus de trois tonnes.

Les scientifiques de l'agence spatiale indienne ISRO se sont enlacés et ont applaudi à la vue du mastodonte haut de 43 mètres et lourd de 640 tonnes s'élevant dans l'atmosphère, selon des images diffusées à la télévision.

L'inde se trouve désormais en mesure d'envoyer dans l'espace des satellites pesant jusqu'à quatre tonnes et rejoint ainsi un club très fermé de pays. Elle dépendait jusqu'ici de lanceurs étrangers pour ses satellites d'un poids supérieur à près de deux tonnes.

« La mission GSLV - MKIII D1/GSAT-19 rapproche l'Inde de la prochaine génération de véhicules lanceurs et (en matière) de capacité de satellites. La nation est fière ! », a aussitôt tweeté le premier ministre Narendra Modi.

Si le lanceur avait déjà été testé au cours d'un vol sous-orbital en 2014, c'était la première fois que l'Inde utilisait son nouveau moteur mis au point localement, dont l'extrême complexité technologique donne une puissance nouvelle à ses fusées.

« Ils viennent de lancer le moteur le plus puissant en Inde. Ce moteur cryotechnique a mis 20 ans à être développé, des ingénieurs ont travaillé toute leur vie dessus », a expliqué à l'AFP Mathieu Weiss, représentant du Centre national d'études spatiales (CNES) français en Inde, qui assistait au tir avec une délégation diplomatique française.

La puissance de lancement obtenue par cette technologie donne à l'Inde l'équivalent d'une fusée européenne Ariane 4, a-t-il dit, et lui permettra de mettre en orbite par ses propres moyens une bonne partie de ses satellites.

La technologie cryotechnique (ou cryogénique) repose sur l'association d'oxygène et d'hydrogène à l'état liquide. Leur combustion produit des gaz qui sont éjectés par la tuyère et assurent ainsi la propulsion. Ce type de moteur est notamment utilisé par Ariane 5.

104 satellites d'un coup

« C'est un moment important pour la technologie spatiale de l'Inde le tir d'une grosse fusée autochtone », a estimé Ajay Lele, de l'Institute for Defence Studies and Analyses de New Delhi.

Inauguré dans les années 1960, le programme spatial indien a attiré l'attention du monde entier en permettant de placer une sonde en orbite autour de Mars en 2014.

Coût du projet : 73 millions de dollars - soit moins que le budget du film hollywoodien en apesanteur « Gravity ». Et une fraction des 671 millions de dollars que la Nasa américaine a dépensé pour une mission similaire vers la planète rouge.

Ce géant asiatique met aussi au point une navette réutilisable, qui pourrait permettre d'envoyer des satellites à des prix bien inférieurs à ceux actuels en vigueur. En parallèle, l'ISRO étudie des possibilités de missions vers Jupiter et Vénus.

New Delhi affiche son appétit en matière de lancement de satellites commerciaux. Ce marché ne cesse de croître, le téléphone, internet et les entreprises requérant toujours plus de moyens de communication.

L'ISRO était rentrée dans les annales du secteur en février en réussissant la mise en orbite de 104 satellites avec une seule fusée, un record.

Outre les autres puissances spatiales internationales, l'Inde doit faire face sur ce créneau à l'émergence de sociétés privées spécialisées, figures de proue de ce mouvement entrepreneurial dit « new space », comme SpaceX du milliardaire Elon Musk et Blue Origin du fondateur d'Amazon Jeff Bezos.




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