Mission sur Mars: le module européen a-t-il raté son atterrissage?

Des ingénieurs surveillent le module Schiaparelli depuis le Centre... (THOMAS KIENZLE, AFP)

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Des ingénieurs surveillent le module Schiaparelli depuis le Centre européen des opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt, en Allemagne.

THOMAS KIENZLE, AFP

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Pascale MOLLARD-CHENEBENOIT
Agence France-Presse
Paris

Qu'est-il advenu du module Schiaparelli, parti à l'assaut de la planète rouge mercredi ? L'Agence spatiale européenne (ESA) ignore s'il a «survécu ou pas» à son arrivée mouvementée sur Mars, mais elle a réaffirmé son intention d'aller de l'avant dans l'exploration martienne.

«Nous ne sommes pas encore en mesure de déterminer les conditions (...) dans lesquelles l'atterrisseur a touché le sol», a annoncé jeudi Andrea Accomazzo, chef des missions du système solaire à l'ESA, depuis le Centre européen des opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt (Allemagne).

Il faudra d'autres éléments pour savoir «s'il a survécu structurellement ou pas», a-t-il ajouté.

Au vu des premières analyses, il est possible que l'atterrisseur soit arrivé à une trop grande vitesse à la surface de Mars.

L'atterrissage du module était planifié mercredi à 10 h 48 (heure du Québec).

S'il s'avérait que Schiaparelli était perdu, ce serait la deuxième fois que l'Europe spatiale aurait échoué à faire atterrir en douceur un engin sur Mars.

Il y a treize ans, le petit Beagle 2, de conception britannique, avait bien atterri sur Mars, mais n'avait jamais réussi à émettre.

Jusqu'à présent, seuls les Américains ont réussi à poser sur Mars des engins qui sont parvenus à fonctionner.

Mais tant qu'il n'y a pas de preuves que le module est mort, les équipes ne s'avouent pas vaincues.

«Il s'est forcément posé sur Mars, mais on a perdu son signal», a déclaré à l'AFP Frédéric Béziat, chef de projet ExoMars chez Thales Alenia Space, groupe franco-italien qui assure la maîtrise d'oeuvre de la mission.

«Commande de la dernière chance»

«Nous allons envoyer une commande de réinitialisation de son émetteur radio à l'occasion d'un prochain passage de la sonde américaine MRO» qui tentera d'entrer en communication avec lui, a déclaré jeudi soir à l'AFP Thierry Blancquaert, responsable de l'atterrisseur.

«Ce sera la commande de la dernière chance», a-t-il dit.

La sonde MRO essayera également de prendre des images de l'atterrisseur dans les jours prochains, a-t-il souligné.

Schiaparelli devait se poser à l'intérieur d'une vaste ellipse de 100 km sur 15 km, dans la zone de la plaine de Meridiani Planum.

«Il est arrivé un peu à l'ouest du centre de cette ellipse», a indiqué Thierry Blancquaert.

Pour Schiaparelli, tout avait bien commencé. Après sept mois de périple dans l'espace, il s'est séparé sans problème dimanche de la sonde scientifique TGO.

Après une descente de trois jours vers Mars, le module, bardé de capteurs, s'est réveillé un peu avant son entrée dans l'atmosphère à 10 h 42 (heure du Québec). Il a réussi à émettre un signal radio qui a été capté par un grand radiotélescope indien.

Puis a commencé la phase des «six minutes de terreur» comme les appellent les ingénieurs du spatial.

La phase d'entrée dans l'atmosphère «s'est déroulée parfaitement», a déclaré M. Béziat. Le bouclier thermique a bien fonctionné. Le parachute s'est ensuite correctement déployé.

Mais il semble avoir été éjecté trop tôt. Les rétrofusées se sont activées pendant quelques secondes, mais ont été coupées prématurément.

Les données envoyées par Schiaparelli et recueillies par la sonde européano-russe TGO, sont encore en cours d'analyse.

TGO et Schiaparelli forment le premier volet d'ExoMars, mission scientifique européano-russe, qui vise à rechercher des indices d'une vie actuelle et passée sur Mars. Elle doit se dérouler en deux temps (2016 et 2020).

L'atterrisseur est «un test», a souligné le directeur général de l'ESA, Jan Woerner. «Nous avons fait tout cela pour avoir des données sur la façon d'atterrir sur Mars avec la technologie européenne», a-t-il dit. «Les données que nous allons récupérer (...) nous serviront pour comprendre comment» préparer l'atterrissage d'un robot mobile sur Mars en 2020, a-t-il souligné.

Cette année-là, l'Europe et la Russie prévoient d'envoyer sur Mars un gros rover, qui s'appuiera sur les développements technologiques de Schiaparelli. Il effectuera des forages pour tenter de retrouver des traces d'une vie bactérienne passée.

Si Schiaparelli a rencontré des problèmes, il n'en est pas de même pour la sonde TGO (Trace Gas Orbiter), qui a parfaitement réussi à s'insérer dans l'orbite de Mars mercredi et commencera à travailler en 2018.

TGO sera chargée de «renifler» l'atmosphère martienne pour détecter des gaz à l'état de traces, comme le méthane, qui pourrait indiquer la présence d'une forme de vie microbienne actuelle sur la planète.

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