L'ISS fête 15 ans de présence humaine dans l'espace

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«L'aspect le plus important de l'ISS est les objectifs d'exploration spatiale habitée de longue durée», a souligné l'astronaute américain Scott Kelly (au centre), commandant de l'équipage actuel lors d'une conférence de presse en direct avec tous ses collègues, l'Américain Kjell Lindgren, les Russes Mikhail Kornienko, Oleg Kononenko et Sergey Volkov ainsi que le Japonais Kimiya Yui.

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Jean-Louis SANTINI
Agence France-Presse
Washington

La Station spatiale internationale (ISS), un laboratoire orbital unique pour préparer des missions habitées sur Mars et étudier la microgravité et ses retombées sur Terre, célèbre lundi quinze ans de présence humaine en continu à son bord.

«L'ISS est un laboratoire unique de recherches innovantes dans les sciences physiques et de la vie offrant un banc d'essai pour des technologies qui permettront à la NASA d'envoyer de nouveau des astronautes au-delà de l'orbite terrestre», a souligné John Holdren, principal conseiller scientifique de la Maison-Blanche dans un communiqué.

Cet avant-poste orbital de 450 tonnes évolue en moyenne à 370 km d'altitude. Sa construction a débuté en 1998 et s'est achevée en 2011.

L'ISS est occupée de façon permanente par un équipage d'astronautes, aujourd'hui au nombre de six, depuis le 2 novembre 2000.

«L'aspect le plus important de l'ISS sont les objectifs d'exploration spatiale habitée de longue durée», a souligné l'astronaute américain Scott Kelly, commandant de l'équipage actuel lors d'une conférence de presse en direct depuis l'ISS avec tous ses collègues, l'Américain Kjell Lindgren, les Russes Mikhail Kornienko, Oleg Kononenko et Sergey Volkov ainsi que le Japonais Kimiya Yui.

Scott Kelly effectue depuis mars de cette année un séjour d'un an dans l'ISS avec son collègue russe Mikhail Kornienko, un record pour la Station, pour notamment étudier les effets physiologiques de la microgravité pendant une longue période, en préparation à de futures missions habitées vers Mars à l'horizon des années 2030 au plus tôt.

Pour l'astronaute américain Kjell Lindgren, «l'ISS est un banc d'essai pour les technologies qu'il faut développer et comprendre pour réussir une expédition vers Mars».

Il a souligné qu'un grand nombre des plus de 400 expériences scientifiques effectuées durant le séjour de Scott Kelly et de Mikhaïl Kornienko dans la Station «sont essentielles pour comprendre comment la physiologie humaine s'adapte à la microgravité et ce qu'il faut faire pour protéger la santé des astronautes durant un long voyage vers Mars».

Périple de 3 ans pour Mars  

Il a cité les effets néfastes sur les muscles, les os, le système immunitaire, ainsi que le risque accru de cancer avec l'exposition aux radiations cosmiques pendant une longue période. Une mission sur la planète rouge pourrait durer trois ans.

Le cosmonaute russe Oleg Kononenko a quant à lui souligné qu'il n'y avait ni divergences, ni confrontations à bord de l'ISS, dans une apparente allusion aux tensions entre Moscou et Washington, dont les relations sont au plus bas depuis la fin de la Guerre froide.

«Les gens sur la Terre sont parfois incapables de s'écouter, de se parler alors qu'ici dans l'espace une telle situation n'est pas imaginable», a dit le cosmonaute russe par la voix d'un interprète.

«Ici, tout le monde est important et le succès de ce programme et parfois même la survie de tous dépend de ce que chacun de nous fait», a-t-il ajouté.

L'espace reste l'un des très rares terrains d'entente américano-russe. Les États-Unis dépendent exclusivement des vaisseaux Soyouz russes pour transporter leurs astronautes à l'ISS au prix de plus de 70 millions de dollars le siège, depuis la fin du programme de la navette spatiale en juillet 2011, qui a été essentielle pour construire la Station.

La NASA compte sur le secteur privé américain avec les sociétés SpaceX et Boeing pour acheminer des astronautes depuis le sol américain à partir de 2017.

Dîner d'équipage  

Pour célébrer ce quinzième anniversaire, l'équipage prévoit de dîner ensemble et d'échanger des réflexions, a précisé l'astronaute japonais Kimiya Yui.

Les trois premiers occupants de l'ISS, alors formée de seulement deux modules en 2000, étaient l'Américain Bill Shepherd et les Russes Sergei Krikalev and Yuri Gidzenko.

Depuis, plus de 220 astronautes de plusieurs nationalités parmi lesquelles des Français, des Italiens et des Allemands, ont effectué des séjours dans l'avant-poste orbital, un consortium de 16 pays.

Actuellement, un équipage de six astronautes se relie tous les six mois.

L'ISS qui effectue le tour de la Terre 16 fois par jour à environ à 28 000 km/h, est un investissement d'environ 100 milliards de dollars en grande partie financé par les États-Unis.

La Station offre un espace habitable entre les différents modules (américain, russe, européen et japonais) équivalent à celui d'un Boeing 747 ou d'une habitation de six chambres.

La durée d'utilisation de l'ISS a été prolongée l'an dernier jusqu'à au moins 2024

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