Lourd programme de travail pour le robot Philae

La comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko... (PHOTO REUTERS)

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La comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko

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Pascale MOLLARD-CHENEBENOIT
Agence France-Presse
Le Bourget

Le robot Philae ne va pas chômer sur la comète «Tchouri» ces prochains mois: les scientifiques brûlent d'y trouver des molécules organiques complexes qui pourraient donner des clefs sur l'apparition de la vie sur Terre.

Le robot-laboratoire européen s'est réveillé samedi après sept mois d'hibernation sur la comète «Tchouri» alors que son hôtesse file vers le Soleil, escortée par la sonde Rosetta.

Doté de dix instruments, Philae va se remettre au travail progressivement, a expliqué l'Agence spatiale européenne (ESA) lors d'une conférence de presse mercredi au Salon de l'aéronautique et de l'espace du Bourget, près de Paris.

«Nous allons aller du moins risqué au plus risqué», a déclaré Philippe Gaudon, chef du projet Rosetta au CNES, l'agence spatiale française, de Toulouse (sud de la France).

«Nous avions absolument besoin du réveil de Philae», car «ce que nous avons trouvé jusqu'à présent est très différent de ce à quoi on s'attendait», a déclaré Jean-Pierre Bibring, responsable scientifique de Philae.

Auparavant, «on considérait qu'une comète était essentiellement faite de glace. Nous savons à présent que c'est faux». La comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko est «couverte de grains de poussière qui sont essentiellement de la matière organique».

«Le fait qu'il n'y ait pas une seule tache de glace sur la surface, y compris dans les lieux avec des fractures, nous indique quelque chose de très important: la glace n'est pas le ciment sur laquelle ce corps a grandi. Ce qui est très important pour comprendre l'évolution du système solaire», selon lui.

«Ces grains de poussière sont le coeur qui a cimenté l'ensemble du corps», affirme-t-il. Une large partie de la poussière est constituée de carbone.

Le robot, qui a réalisé le 12 novembre une première historique en atterrissant sur le noyau d'une comète, avait travaillé pendant 60 heures avant de s'assoupir faute d'un ensoleillement suffisant pour permettre à ses batteries solaires de fonctionner.

Son arrivée avait été mouvementée et il avait effectué plusieurs rebonds avant de se stabiliser.

Rosetta va se rapprocher

Ces rebonds ont provoqué un nuage de poussière et des grains ont pénétré dans les tuyaux de Cosac et Ptolemy, des instruments permettant d'analyser les gaz et de détecter la présence de molécules organiques complexes.

«Cosac et Ptolemy ont trouvé beaucoup de matériau riche en carbone», a révélé M. Bibring.

Pour la nouvelle période d'activité du robot, «le meilleur moment devrait être en août», lorsque la comète sera au plus proche du Soleil, a indiqué M. Gaudon.

Le robot devrait commencer par des activités simples et peu consommatrices d'énergie. Viendra ensuite le temps des images.

Le meilleur - et le plus risqué - sera pour la fin. Le robot devrait tenter de lancer le spectromètre APXS qui doit déterminer la composition chimique de l'endroit où se trouve Philae. En novembre, l'instrument n'avait pas réussi à toucher le sol.

Si tout va bien, Philae pourrait aussi recevoir l'ordre d'activer la foreuse SD2 qui doit prélever un échantillon du sol.

Philae, coincé entre des falaises, avec une de ses trois pattes en l'air, avait tenté en novembre un forage, mais celui-ci n'avait rien ramené.

Cela pourrait se faire «peut être pas dans les prochaines semaines, mais le mois prochain», selon M. Gaudon.

Pour cela, les responsables du robot envisagent d'effectuer une rotation de sa plate-forme afin de mieux le positionner.

Pour faire du bon travail, Philae a impérativement besoin que Rosetta améliore sa communication avec lui. Mardi soir, le robot n'a envoyé aucun signal...

La sonde se tient à distance respectueuse de la comète (plus de 200 km), car celle-ci rejette de plus en plus de gaz et de poussières à mesure qu'elle se rapproche du Soleil.

«Nous avons décidé sur la base des observations de ces dernières semaines que c'était moins risqué et que nous pouvions venir un peu plus près de la comète», a annoncé Elsa Montagnon, vice-pilote de Rosetta à l'ESA.

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