La Russie perd un satellite mexicain après l'échec du lancement de sa fusée

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Une fusée Proton-M.

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Anna MALPAS
Agence France-Presse
MOSCOU

Le programme spatial russe a connu deux échecs samedi, avec la panne de moteur d'un engin Progress amarré à la Station spatiale internationale (ISS) suivi de la perte d'un satellite de télécommunications mexicain après l'échec du lancement de sa fusée porteuse.

Environ huit minutes après le décollage d'une fusée Proton-M porteuse d'un satellite MexSat-1 «une situation d'urgence a été constatée au niveau des moteurs du troisième étage de la fusée», a indiqué l'agence spatiale russe Roskosmos dans un communiqué.

L'accident a eu lieu à 161 km d'altitude, suffisamment haut pour que la fusée se désintègre dans l'atmosphère en retombant. «Le troisième étage, l'étage supérieur et le satellite ont presque totalement brûlé», a précisé Roskosmos.

Cet échec a eu lieu quelques heures après l'annonce par Roskosmos que les moteurs d'un engin spatial Progress M-262M amarré à l'ISS avaient échoué à se mettre en marche à l'heure prévue (4 h heure de Moscou, 21 h au Québec) pour corriger son orbite, deux nouveaux coups durs pour le programme spatial russe, qui connaît une série de revers embarrassants.

Il y a deux semaines, un vaisseau cargo inhabité Progress censé ravitailler l'ISS avait déjà perdu le contact avec la Terre, peu de temps après son décollage le 28 avril, et s'est désintégré dans l'atmosphère le 8 mai.

Un commission d'enquête va étudier les causes de l'accident de la fusée Proton-M et «prendre les décisions qui s'imposent», a indiqué Roskosmos dans un communiqué.

Celle-ci doit se réunir dimanche matin à 10 h (3 h au Québec) pour discuter de ces récents échecs, a indiqué une source dans l'industrie spatiale à l'agence de presse russe Interfax.

Le président Poutine a été «naturellement informé» de ce lancement raté, a pour sa part précisé le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par Interfax.

La fusée est tombée en Sibérie

Une source à l'agence spatiale a expliqué samedi à l'agence de presse gouvernementale Ria Novosti que les communications avec la fusée Proton avaient été perdues environ une minute avant l'heure à laquelle le satellite mexicain aurait dû se séparer du troisième étage de la fusée.

«Les lanceurs de fusées du type Proton seront maintenus au sol jusqu'à ce que la cause soit identifiée», a précisé cette source.

Le lancement avait eu lieu à 8 h 47 heure de Moscou (1 h 47 au Québec) depuis Baïkonour, au Kazakhstan.

Des fragments de la fusée contenant plusieurs tonnes de carburant toxique sont retombés sur la région de Chita, en Sibérie, ont expliqué des sources de l'industrie spatiale aux agences de presse russes, mais le ministère russe des Situations d'urgence n'a recensé aucun dégât humain ou matériel.

Un second essai pour mettre en marche les moteurs du vaisseau Progress amarré à l'ISS devrait être effectué lundi, à moins que les contrôles ne révèlent de «sérieux problèmes», a pour sa part indiqué Ria Novosti, citant une source dans l'industrie spatiale.

La Russie a connu ces dernières années une série de problèmes qui ont mis en lumière les manques de son programme spatial, qui lui permet de gagner des millions de dollars grâce au lancement de satellites commerciaux.

À l'été 2013, une fusée Proton avec ses trois coûteux satellites Glonass, le futur système de navigation par satellite russe, avait explosé au décollage. En 2011, c'était une fusée Soyouz emportant un vaisseau cargo qui avait connu une défaillance, s'écrasant dans la région de l'Altaï (frontières mongole et chinoise).

D'autres tentatives avortées de mise en orbite de satellites de communication ou la perte d'une sonde envoyée vers un satellite de Mars avaient fini par pousser la Russie à procéder à une refonte de son secteur spatial, où quelques têtes avaient sauté.

Dans un autre registre, la chanteuse britannique Sarah Brightman, qui devait décoller en septembre du cosmodrome russe de Baïkonour, au Kazakhstan, pour dix jours de tourisme dans l'espace, a annoncé mercredi qu'elle renonçait à son projet, officiellement pour des «raisons familiales».

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