Les scientifiques espèrent un signe de Philae en hibernation

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Le robot Philae

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Emmanuelle TRECOLLE
Agence France-Presse
Paris

Philae, assoupi à plus de 500 millions de kilomètres de la Terre, va-t-il enfin se réveiller? Quatre mois après avoir largué le robot spatial sur la comète Tchouri, la sonde européenne Rosetta essaie d'entrer en contact avec lui, espérant un signe de vie.

Faute de lumière pour ses batteries solaires, Philae était entré en hibernation trois jours seulement après son atterrissage historique sur la comète.

Mais Tchouri s'étant rapproché du soleil, les scientifiques de la mission Rosetta ont ouvert jeudi matin le système de communication avec Philae, estimant que l'ensoleillement commençait à être suffisant pour réchauffer le robot et l'approvisionner en énergie.

Sur le compte Twitter de la mission, la sonde Rosetta a elle-même fait part de son «excitation» à la perceptive d'un réveil. Un tweet agrémenté d'un dessin de Philae endormi sous une couverture verte, au pied d'énormes rochers, façon bande dessinée.

Mais malgré l'attente fébrile des experts de l'Agence spatiale européenne (ESA) et des fans du robot sur Twitter, qui n'ont manqué aucun des épisodes de son aventure, le petit robot n'a pas encore donné signe de vie.

«Le système de communication de Philae (ESS - Electrical Support System) à bord de (la sonde européenne) Rosetta a été allumé à 20h [mercredi, heure de l'Est]. Il restera allumé jusqu'au 20 mars. Aucun signal n'a pour l'instant été reçu», a indiqué un porte-parole de l'ESA.

Passager durant plus de dix ans de la sonde européenne Rosetta, Philae a été largué le 12 novembre sur Tchourioumov-Guérassimenko, une première.

L'atterrissage a été chaotique: après deux rebonds, il s'est retrouvé coincé entre des falaises, dans un lieu peu éclairé. Philae se trouve donc en mode «veille» depuis le 15 novembre.

«Nous ne nous attendons pas à ce qu'il se réveille cette semaine», a toutefois souligné Patrick Martin, chef de la mission Rosetta, dans un entretien à l'AFP.

«Nous sommes juste en train d'essayer, et nous continuerons à le faire si cela ne marche pas cette semaine. Nous aurons encore plus d'opportunités dans les prochaines semaines et dans les prochains mois», au fur et à mesure que la comète se rapprochera du soleil, a-t-il ajouté.

«Raisonnablement optimistes»

Pourquoi une telle attente? Parce qu'au-delà de l'exploit que représente l'atterrissage sur une comète, point d'orgue d'une aventure entamée il y a 20 ans et qui a coûté 1,3 milliard d'euros, les scientifiques voudraient que le petit robot se remette au travail.

Avant de s'endormir, Philae avait pu transmettre des données scientifiques récoltées  notamment lors d'un forage qu'il avait effectué.

«Après son atterrissage en novembre, il y a eu une phase scientifique très courte», qui s'est achevée quand les batteries du robot se sont déchargées, rappelle Patrick Martin.

«S'il se réveille, nous allons entrer dans la phase scientifique à long terme», explique-t-il, espérant que le robot va pouvoir «relever de nouvelles données scientifiques».

Il a notamment pour consigne sur sa feuille de route de trouver dans le sol cométaire des molécules organiques ayant pu jouer un rôle dans l'apparition de la vie sur Terre, les comètes étant les objets les plus primitifs du système solaire.

Le petit robot -100 kg d'électronique de pointe sur la Terre, mais une masse d'un gramme sur la comète- reste toutefois bien fragile dans un environnement hostile.

«Il est certain que les températures sont descendues en dessous de la qualification des matériels!» reconnaît Philippe Gaudon, chef de projet Rosetta au CNES, l'agence spatiale française, sur le blogue de l'agence.

Il faut donc d'abord que Philae se réchauffe et que sa température interne soit supérieure à -45°C.

«Nous sommes bien conscients que nous ne nous trouvons pas dans un cas de figure normal et que l'électronique de Philae n'a pas été conçue pour résister à de telles conditions. Donc nous ne pouvons pas affirmer que nous sommes sûrs que Philae va se réveiller et fonctionner correctement, mais nous sommes raisonnablement optimistes», assure Philippe Gaudon.

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